‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienneChapitre 60 sur 424 · Mansi, VI, 6S · texte numérisé non relu

Mansi, VI, 6S

Eutychès fut cité une première fois à comparaître, et, en altmidant, on proclama que le Christ, après l'incarnation, est de deux natures ou en deux natures, «x ôuo (pucfâwv ou Iv 3uo cpucrtfft ^ .

Eutychès refusa d'abord de comparaître. Pour la doctrine, il s'en rapportait, disait-il, aux conciles de Nicée et d'Ephèse, n'adorant , après l'incarnation , « qu'une seule nature, celle du Dieu incarné et fait homme ^ » . C'était l'expression même de saint Cyrille. Entre temps cependant, on s'était convaincu qu'il avait tenté de l'aire signer dans les couvents des formules monophysites, et on releva encore contre lui, dans la sixième session, quelques autres incohérences doctrinales. Enfin, le 22 novembre, dans une septième session, l'archimandrite, déjà trois fois cité, se décida à comparaître. Son interrogatoire l'ut serré de près, et deux questions, en somme, lui furent posées : 1° Le Christ était-il consubstantiel à nous? T Y avait-il en lui deux natures après l'incarnation? Eutychès chercha des échappatoires ; mais enfin à la première question il répondit qu'il n'avait point dit jusqu'à ce moment que le Christ nous fût consubstantiel; qu'il avait dit que la Vierge nous est consubstantielle, et que d'elle Dieu s'est incarné, mais qu'il n'avait pas dit que le corps de notre Dieu et Seigneur noua fût cônsubstan-

4. Flavien dit £k8<3o çvcretov èv(xi<f 6ffiO<Tté(yg« xal 4vi «po<t<6ictf> ; iajtile de Séleucle et Seleucus d'Amasie disent èv ôCo çyason (Majcsi, Vl, 680, 685), ce qui ne les empêche pas d'approuver et de louef la doctrine do saint Cyrille. Flavien lui-même, dans sa profession de fol à l'ertipefeur, adopte èv ôuo çOasaiv : il ne refuse cependant pas, ajoute-t-il, de dire € une seule nature incarnée du Dieu Verbe, parce que des deux, il est un seul et même Jésus-Ghrist », xal piiav jxèv tou ôêûO Aoyou çuffiv a£aapxw[X£vov (jievTot xai evavOptoTîyjaaerav ^éyeiv oûx àpvoupieôa, Ôtà to èl à|A<poïv ëva xal xàv aùtov eivat tov xupiov ^^piâSv Irjaouv XptorTov (t&ic;., 840, 541). On voit combien l'autorité dQ Miat Cyrille ii»flvi»it 8ut l'emploi du mot çucti;.

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