‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienneChapitre 72 sur 424 · Mansi, VII · texte numérisé non relu

Mansi, VII

coup ; et c'est pourquoi il tut possible aux légats, soutenus par l'empereur et par la fraction plus déterminée des orientaux, d'en obtenir la condamnation du monophysisme, bien plus, la réintégration de Théodoret et d'Ibas. Quant à la formule doctrinale elle-même qui en sortit, elle était excellente et faisait aux décisions d'Ephèse et à la doctrine cyrillienne un utile contrepoids : elle sauva la croyance au Christ historique menacée de périr dans les rêveries eutychiennes. Malheureusement, on ne poussa pas assez loin le travail d'interprétation, et il ne se trouva personne pour montrer comment les décisions de Chalcédoine ne contredisaient pas celles d'Ephèse ni les enseignements de saint Cyrille, en quoi péchait le langage de ce dernier, et comment il devait être entendu et compris pour s'ajuster aux nouvelles formules. On se contenta d'affirmer l'équivalence de fond, sans la démontrera Dès lors, le malentendu subsista, et tout un immense parti continua de penser que le concile d'Ephèse avait été condamné par celui de Chalcédoine et la christologie de saint Cyrille par la lettre de saint Léon. C'en était trop pour des esprits échauffés contre le nestorianisme, et qui ne souffraient pas aisément que l'Occident parût leur faire la loi. Se croyant obligés de choisir entre le pape et saint Cyrille, leurs préférences allèrent tout droit au grand docteur d'Alexandrie.

1. Un effort pour cette démonstration fut cependant tenté dans la deuxième session où, pour dissiper les doutes des évéques de Palestine et de l'Illyricum au sujet de la lettre de saint Léon, on rapprocha de cette lettre des passages similaires de saint Cyrille (Mansi, YI^ 372» 973).

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§ 3. — La christologie de Théodoret » .

Les décisions de Chalcédoine étaient le triomphe de la christologie occidentale et de celle des antiochicns modérés. Un homme, parmi ces derniers, représentait éminemment, depuis vingt-cinq ans, cette école d'Antioche : c'est Théodoret. Il était la meilleure tête du parti, et l'on pense généralement que la formule de paix de 433 était son œuvre. Exposer en détail sa christologie serait. donc, en grande partie, répéter ce qui a été déjà dit à propos de Théodore de Mopsueste, de Nestorius et de l'opposition faite par les partisans de Jean d'Antioche aux idées particulières de saint Cyrille. Cette christologie peut se résumer en quelques lignes.

Avant l'incarnation il n'y avait pas deux natures, il n'y en avait qu'une seule, car la nature humaine a été aussitôt unie que procréée : l'union s'est faite tv tÇJ ffuXXrj'|/£t2. Mais, après l'incarnation, le Christ est en deux natures, ^ Xaêoûcra xai fiXTicpôeU cpùdK;^. L'auteur les distingue souvent au point d'en parler comme de deux personnes : ixtooi oï ô xatouv^ffaç xa-rà tov Xoyov xyjç cpuasoç, xai ETepoç ô vao'ç^ Ce n'est pas le Dieu Verbe qui a été conduit au désert pour y être tenté : c'est le temple pris par le Dieu Verbe de la semence de David ^. Il identifie d'ailleurs uiroVtaaK; aveccpuaiç et les oppose à

1. Sur ce point particulier de la doctrine de Théodoret, voir : A. Ber- TRAM, Theodoreti episc. Cyr. doctrina christologica^ Hildesiae, 1883. k. Ehrhard, Die Cyrill von AL zugeschrieben Schrift Tieçl tov Kuptovi èvavGpwTCYjffetoç, ein Werk Theodorets von Cyrus, Tiibingen, 1888.

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