‹ Histoire des dogmes dans l'antiquité chrétienneChapitre 74 sur 424 · Col · texte numérisé non relu

Col

7. De incarn. Dom., 35, col. 1477; Crilique de l'anath. I, col. 393 5 Fragm., P. G., LXXXIV, 62; Episl. CU.

L'EUTYCHIANISME. 101

fert impassiblement, sTraôev ô Aoyoç 57ra6wç^. Dans le fragment de son discours prononcé à Antioche en 444, lors de la mort de saint Cyrille, il pousse les choses à l'extrême : « Nemo iam neminem cogit blasphemare. Ubi sunt dicentes quod Deus est qui crucifixus est? Non crucifigitur Deus. Homo crucifixus est lesus Christus qui ex semine est Davidis, filius Abrahae. Homo est qui mortuus est lesus Christus, etc. 2. »

Sur le point spécial de la science humaine de Jésus- Christ, Théodoret ne fait nulle difficulté d'admettre que cette science était limitée et que Jésus, comme homme, était sujet à l'ignorance. Dans le traité De incarnatione Domini (20)^ aussi bien que dans le Penialogus^y il s'appuie sur le texte de saint Luc, 11, 52, pour prouver que Jésus-Christ était vraiment homme et possédait une âme humaine, car, seule, pouvait croître en sagesse l'âme humaine « qui apprend peu à peu les choses divines et humaines ». Dans la critique de Tanathématisme iv ^^, il tire la même conclusion du texte de saint Matthieu, xxiv, 36, De die illo et hora nemo scity etc. Jésus avouait ici une ignorance réelle du jour et de l'heure du jugement, et cela parce que l'humanité en lui ne savait que ce que lui avait révélé la divinité. Cette solution est bien dans le sens général de la christologie de Théodoret.

A propos de cette christologie cependant, on s'est demandé si l'évêque de Cyr n'avait pas franchi les limites de l'orthodoxie et poussé jusqu'au nestorianisme proprement dit; et, en supposant qu'il ait été orthodoxe en effet au moment du concile de Chalcédoine,

1. Eranistes, ni, col. 264 et suiv., 268; cf. Critique del'anath. IV, col. 409; 412; Fragm., P. G., LXXXIV, 639.

Page 1