LIBON, p. 433 et suiv
L'ÉVOLUTION DU MONOPHYSISME. 125
près comme des propriétés, dont l'activité n'est qu'une forme spéciale. Sa théorie est fort simple. Empruntant au Pseudo-Basile^ sa distinction entre Ivapyioffaç, IvipYEia et IvEpYTiÔEv, il enseigne que les choses opérées par Jésus-Christ, les IvspYYjOsvTa, sont évidemment de deux sortes, les unes divines, les autres humaines; mais, comme rev£pY>iffaç en Jésus-Christ est unique, et comme rivEpYeia n'est que le mouvement opératoire de l'agent, sa xivYiai; IvepYeTixiî, il s'ensuit que dans le Sauveur cette lv£pY£ia est une comme lui : 'EireiS^ Y^P ^^ ^ evspYwv, (xia aÙTOu larxiv -îj IvÉpYeia xat f\ xivTjaK; vj IvepYSTtxTQ 2. Cette IvepYsia est divine, puisque divine est la cpuaiç dont elle est le mouvement opératoire : toutefois, comme cette cpucriç est, par l'incarnation, auvôeToç, c'est-à-dire composée avec la chair, son action l'est également, et s'exerce en Jésus-Christ dans des conditions nouvelles. C'est une xaiv^ ôeavSpix^ IvépYsia, comme vient de le dire le Pseudo-Aréopagite dont Sévère connaît les écrits. Le mot xaivii marque la nouveauté de l'état où le Verbe s'est engagé, et OeavSpixïi équivaut à cuvOeroç, indiquant que cet état est celui de la <pu<ji«; a£Qrapxw{ji.£V7i du Verbe ^. A l'époque de Sévère, le problème d'une ou de deux volontés dans le Christ ne se posait pas, pas plus que celui d'une ou de deux opérations. Lui-même cependant rapporte que Jean le Grammairien citait un passage de saint Athanase qui parlait de deux volontés du Christ, Tune divine, l'autre humaine, pour conclure
1. Dans VAdvers. Eunomtum, IV (v. plus haut, p. 76). On sait que les deux derniers livres de cet ouvrage ne sont pas de saint Basile.
2. Mansi, X, H16, 4117, 1124; XI, 444; P. G., LXXXVI, 1, COl. 924 CD, 925 G; cf. 2, col. 1772 D, et les textes cités par Lebon, p. 443 et suiv. Sévère condamne absolument la formule de saint Léon : < Agit enim utraque forma cum alterius communione quod proprium est. > Agir suppose qu'on subsiste, et attribuer à la nature humaine une action propre, c'est lui attribuer une subsistance propre et indépendante; c'est être nestorien : Où yàp èvepysï note qpuffiç où^ ôçeaxôffa irpoacanixtô; [Doetrina, DrEKAMP, p. 310).