Loc. cit., col
connu les besoins et les faiblesses de l'humanité, il avait donc aussi été sujet à l'ignorance de certaines choses. Timothée nia la conclusion, et un schisme s'ensuivit. Themistius se sépara du patriarche et fonda — vers 540 d'après l'auteur du De sectis — le parti des agnoètes, àyvoviTai ou àyvoixai', comme on les appela. Leur doctrine était des plus simples : Jésus-Christ, en tant qu'homme, disaient-ils, a partagé notre ignorance : àyvoÊÎv To ^vôpwTTivov Too XpiffTOU^ — àyvoetv tov XpiffTOV où xaOo ôeoç U7rrp)rev àiStoç, àXXà xaôo Y^Y°^-^ xaxà àXy^ôeiav avOpwiToç^. Et ils appuyaient leur affirmation d'abord sur certains textes de l'Écriture [Marc, XIII, 32; loan.y xi, 34), puis sur cette considération que Jésus-Christ, dans son humanité, nous était consubstantiel et en tout semblable hormis le péché.
Bien que cette opinion, comme le remarque l'auteur du De sectisy eût été soutenue dans sa teneur générale par plusieurs Pères, elle fut considérée à ce moment comme une erreur, et condamnée à la fois par les rhonophysites et les orthodoxes ^. Théodose II d'Alexandrie (532-538) écrivit contre elle *, et Photius^ donne l'analyse d'un ouvrage d'Eulogius, patriarche orthodoxe d'Alexandrie (580-607), également dirigé contre la secte. Eulogius y explique que les textes scripturaires allégués par les agnoètes pour établir l'ignorance du Sauveur doivent s'entendre d'une ignorance économique ou même anaphorique (xaxà àva<pop6(v), Jésus parlant dans ces textes non en son