De civ. Doi XIV
6. Aug. Tract. 18, 5 in Joa. De pecc. mer. II, 17, 26. De anima et ejus origine IV, 11, 16.
l'a jamais entendu dans le sens de prédestination au péché. Il fait toujours découler le péché de la liberté des créatures et non pas seulement le péché d'Adam1, mais encore les péchés actuels commis dans l'état de chute. Il parle souvent d'un péché personnel (peccatum), qui est en même temps une peine du péché (jpoena peccatî)** . Mais ce second péché ne se produit pas sans le libre consentement de la volonté. Il n'est en même temps une peine du péché que parce que le premier péché a détourné une plus grande somme de grâces que Dieu nous aurait accordées, et qu'ainsi il a hâté notre chute3.
Saint Augustin n'admet une certaine prédestination au péché que par la dépendance, dans laquelle il établit tout acte extérieur, ses conséquences aussi bien que sa portée essentielle vis-à-vis de la Providence divine et de la divine toute-puissance, qui opère toutes choses4. Tout le reste, le péché intérieur, et ce qui le constitue tel, l'éloignement de Dieu et de sa loi, est l'œuvre de la seule volonté libre de l'homme3.
Saint Augustin ne partage pas davantage l'autre opinion des Prédestinatiens, que le réprouvé vit sur terre absolument dénué de grâce et qu'il ne peut jamais se trouver en possession de la grâce sanctifiante. Dans les traités, que nous avons si souvent mentionnés et qui s'occupent plus spécialement de la prédestination6, saint Augustin revient si fréquemment sur ce sujet et affirme si catégoriquement