Migne CXXIX, 557 sqq
LA PRIMAUTÉ AU VIe, VIIe ET VIIIe SIÈCLES 421
D'après tout ce qui précède il n'y a ni dans les lettres d'Honorius, ni dans l'anathème dn sixième concile porté sur lui, rien qui puisse servir à étayer les erreurs des Gallicans. Au contraire, c'est pendant les querelles monothélites que la juridiction suprême et le magistère infaillible se montrèrent avec plus d'éclat et furent reconnus en Orient tout comme en Occident et revendiqués par les papes successeurs d'Honorius par Martin Ier, au concile de Latran1, (64i>) par Agathon dans son écrit aux Pères du VIe Concile général, par Léon II et Jean IV, comme un privilège accordé par le Christ à Pierre et fondé sur la doctrine révélée.
E. Les actes du concile in Trullo (692) appelé synodus quinisexta furent envoyés par l'empereur Justinien II, comme il avait été fait par ses prédécesseurs, pour ceux du VIe concile de 680, au pape Sergius pour obtenir son approbation. Il n'eut pas le même succès et pour cette raison, ces canons ne purent jamais obtenir partout force obligatoire. Ce ne fut que le pape Constantin qui les approuva conditionnellement, en tant qu'ils ne contenaient rien contre la doctrine de l'Eglise ; ce que fit encore plus tard2 Jean VIII (872-882).
F. La querelle des images ne fut, elle aussi, terminée que par l'intervention du pape Adrien. L'impératrice Irène (régente depuis 780 de son fils mineur), engagea des négociations avec Rome pour faire rejeter par le pape les décrets du pseudo-concile de 754. Le patriarche ïarasius de Constantinople (dès 786), était dans les vues de l'impératrice : il entra en communion avec les autres patriarches et même avec le pape Adrien après avoir rejeté le concile de 754. A une lettre qui lui était adressée par l'impératrice sur la question des images, le pape répondit le 27 octobre 785 3,
1. V. plus haut jj 50 où sont cités, en faveur du magistère infaillible, les témoignages des Pères réunis en concile.