LA GRACE
saint Paul (1 Cor. i. 7): « Tu es digne de louanges et tu as vraiment la grâce, le jugement que les hommes portent sur toi n'est pas erroné, cependant tu ne dois rien penser de grand de toi. Tu n'as rien par toi-même, iout ce que tu as, lu l'as reçu de Dieu1 ». Chrysostome contredit ainsi lePélagianisme ; il établit que la grâce est un clonum gratuitum sur lequel nous n'avons pas de droit à faire valoir, et il nie tout mérite de noire bonne action, qui serait antécédent à la grâce. « Ce que Dieu nous donne, il ne nous le donne pas pour s'acquitter d'une dette, mais par pure grâce ; ce que nous faisons, nous ne le faisons pas par libéralité, mais au contraire pour payer une dette 2 ».
On a donné plusieurs excuses justificatives des propositions de saint Chrysostome qui confinent au semipélagianisme^. Il a dû, dit-on, toujours défendre la liberté : c'était son rôle d'adversaire du gnosticisme et, dans ses prédications, il devait tenir compte de l'ardeur de ses fidèles pour l'accomplissement de la vertu et du bien. Il a dû placer dans la conduite libre de l'homme la raison fondamentale pour laquelle les uns sont bons et les autres sont mauvais. C'est pour ces motifs mêmes qu'il n'a pas pu apporter toute la précision et tout le développement dans l'exposition de ses idées religieuse qui, du reste, peuvent se résumer ainsi : Nous sommes redevables à Dieu de tout bien, même du bien moral.
Il faut en outre remarquer, qu'avant les discussions semipélagiennes, il ne paraissait pas aussi nécessaire d'affirmer l'existence de la grâce antécédente. Grâce et liberté opèrent en effet l'une dans l'autre d'une manière vivante ou organique. Pour recevoir la grâce et la faire