‹ Histoire des dogmes (volume 2)Chapitre 12 sur 223 · S. Justin, Apoioôfie 1,6, Otto, I, i · texte numérisé non relu

S. Justin, Apoioôfie 1,6, Otto, I, i

3. S. Justin, tôîd.; Dialog. c. Tryph., 70, Otto, II, 2o0 sq.

24 LA THÉOLOGIE ÂNTÉNICÉENNE.

représentants, mais qui se caractérisaient plutôt par ce qui restait dominant dans leur système que par ce qu'il s'y trouvait d'exclusif. Des rapprochements et des concessions de plus en plus fréquents tendaient à effacer les divergences et à fondre en une les diverses théories de Dieu et du monde. L'Académie s'était déjà, avec Arcésilas [f 240 av. J.-C), alliée au Pyrrhonisme : elle persévéra dans sa philosophie du ^vraisemblable avec Carnéade (♦)-129 av. J.-C), Philon de Larisse (f vers 80 av. J.-C.) le maître de Gicéron, Antiochus d'Ascalon (-}- 68 av. J.-C.) et Cicéron lui-même (-}- 43 av. J.- C). Mais elle s'allia surtout au stoïcisme. La métaphysique stoïcienne était fort simple. Il n'y a point d'esprit pur : tout est corps plus ou moins grossier. L'esprit, corps plus ténu, n'est autre que Dieu, qui, comme un feu subtil, un éther éternel, une force immanente et cachée répandue dans le monde, le pénètre, le meut, le gouverne, est son dme. De Dieu est sortie la matière, qui, après lui avoir servi de vêtement, doit de nouveau s'y absorber un jour. De lui aussi sortent toutes les forces de la nature, l'esprit même de l'homme ^ Il est dans le monde le principe et la source de toute activité et de toute énergie, non parce qu'il la donne ou la crée du dehors, mais parce qu'elle est luimême, ou émane, au sens strict, de lui. Il est donc, par excellence, le lô^fo; (nrepuanxoç, la raison séminale de l'univers. Cet univers, il le gouverne par des lois immuables, ses propres lois à lui, car il s'identifie avec le Destin et l'ordre fatal du monde ; raisonnable d'ailleurs, parfait, exempt de tout mal, père de toutes choses ^. Rien ne semblait, de prime abord, plus éloigné que ce panthéisme matérialiste et que ce con-

1. 'E^a7rocrT£X).6jj.evai 8uvdtp,siç w; aTrd tivo; 7ir)yy,;. Zelleu, op. cit., III, i, p. 13G, notes.

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