‹ Histoire des dogmes (volume 2)Chapitre 14 sur 223 · Zeller, op. cit., III, 1, p · texte numérisé non relu

Zeller, op. cit., III, 1, p

26 LA THEOLOGIE ANTÉNICEENNE.

leurs idées en métaphysique devaient en éloigner. Lucrèce (98-54 av. J.-C.) nous propose des leçons de vertu qu'assurément on n'aurait point attendues de lui. Cicéron, dont les préférences sont évidemment pour le platonisme, expose cependant plutôt la morale de Zenon et du Portique. Nous la retrouvons plus complète et plus pure, bien qu'un peu adoucie, dans Sénèque (3 av. J.-C. — 65 ap. J.-C), le meilleur sans doute des philosophes que Rome ait produits ; rude et âpre dans Épictète (40?-117? ap. J.-C.), méditative et repliée sur elle-même dans Marc-Aurèle (121-180).

Cette morale, quand elle nous parle de nos devoirs envers Dieu, emploie du reste un langage bien différent de celui du stoïcisme spéculatif. Ici Dieu est la force divine animant le monde, le monde lui-même, la Nature, le Destin, la Fortune. Quand viennent les préceptes moraux, ce Dieu prend vie, se personnifie, devient juge, providence et père : Prope esta te Deus, tecum est, intus est... Sacer ùitra nos spiritus sedet malorum bonorumque nostrorum ohservator et custos... ipse nos tractât^. — Deus ad homines venit, imnio quod est propias, in homines venit; nulla sine Deo mens bona est'^. — More optimorum parentum qui maledictis suoruni infantium adrident, non ces' sant di bénéficia congerere... unam potentiam sortiti, prodesse ^. La première de toutes les vertus est donc de se livrer à Dieu, d'accepter sans murmurer sa volonté, car c'est un ami, un père qui nous aime d'un amour fort. Il nous faut l'aimer nous aussi et lui être reconnaissant de ses bienfaits. Ce n'est pas assez : il nous faut le prier, car il entend nos supplications, et est sensible à nos misères. Ce sont les paroles et les

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