Stromates, m, 5, P. G., vin
2. Voir la règle de foi d'Apellcs dans S. Épiphane, Haer. xliv, 2.
198 LA THÉOLOGIE ANTÉNICÉENNE.
n'y avait donc pas à attendre de parousie. La crise dernière était supprimée : il semble plutôt que le monde dût finir par l'épuisement, le démiurge étant impuissant à alimenter sa vie, et par le retrait successif des parcelles de lumière supérieure répandues dans la création. D'après le système de Valentin, un feu général viendra, au moment voulu, dévorer l'univers matériel et avec lui les hyliques incapables de salut.
Reste à dire un mot du culte gnostique. Une pouvait se faire que la gnose, issue en partie des religions orientales, et se rapprochant, par sa doctrine ésotérique, des mystères du paganisme, ne présentât pas dans son culte des traces de cette double parenté. Aussi trouvons-nous chez elle tout un système d'initiations, de sacrements, de purifications, de formules magiques, de combinaisons de nombres, de divinations astrologiques, d'amulettes et de porte-bonheur qui rappellent parfois ce qu'il y a de plus saint dans le christianisme, mais qui, le plus souvent, dérivent de la plus grossière superstition, ou même ne sont que des formes de la plus révoltante brutalité.
Plusieurs de ces pratiques et de ces rites nous sont connus. Saint Irénée nous signale le mariage spirituel, desbaptêmes accompagnés de formules hébraïques, des onctions de baume faites aux mourants avec un mélange d'eau et d'huile, la marque au fer rouge derrière l'oreille droite, les prophéties, les prétendus miracles rendant sensible le changement opéré dans les saints mystères ^ . Ailleurs nous rencontrons les chants et les hymnes mystiques^, le triple baptême de l'eau, du feu et de l'Esprit, une Eucharistie ^épugnante^ des invoca-
1. Adv. haeres., 1, 13, 2, 3; 21, 3,3 ; 23, 6 ; cf. Ecsèbe, H. E., iy, 7, 7.