‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 121 sur 426 · Gbrïsost., In epist. ad Rom.., hom. X · texte numérisé non relu

Gbrïsost., In epist. ad Rom.., hom. X

un Dieu en rançon ^ Il est juste d'ailleurs de remarquer que saint Basile suppose cette théorie plutôt qu'il ne l'enseigne directement : « Vous avez besoin d'une rédemption; car vous avez perdu votre liberté, vaincus par le démon qui vous tient captifs, et qui ne vous lâchera que moyennant une rançon équivalente. Il faut que la rançon soit de même espèce, mais d'une valeur bien supérieure, si l'on veut que le tyran relâche volontairement ses captifs. Aussi un de vos frères ne pouvait nullement vous racheter... Ne cherchez donc pas pour votre rédemption un frère, mais quelqu'un qui vous soit supérieur en nature, non un simple homme, mais l'Homme-Dieu, Jésus-Christ^. » Dans ce passage, Tidée d'une rançon à payer au démon est, comme on le voit, clairement énoncée. Mais la théorie est bien plus complètement et rigoureusement exposée dans VOratio catechetica, 22-24, 26, de saint Grégoire de Nysse. Dieu est bon, dit-il, il est sage, mais il est juste. Or la justice exigeait que, puisque le démon nous avait acquis par le péché, nous ne lui fussions point arrachés par la force. Il avait droit à une rançon, et cette rançon, il est clair qu'il la voudrait supérieure en valeur à ceux qu'il rendrait à la liberté. L'Homme-Dieu est cette rançon. Il se fait un rachat synallagmatique ((juvaXXaYaotTucy, XjTpwaiç). Le démon, comme un poisson vorace qui ignore l'hameçon, se jette, pour s'en emparer, sur l'homme Jésus qui lui est présenté. Il est pris à l'hameçon de la divinité. Le Christ agit suivant sa nature : il dissipe les ténèbres, détruit la mort, échappe au démon. Celui qui avait trompé l'homme — et c'est justice — est trompé à son tour. Mais il est trompé pour le bien de

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