III, 34 A; Hymni et sermones, I
5. Hymni et sermones, I, 28, note, 29, 51, 53; Opéra syriaca , III, 12D;II, 232 D.
APHRAATË, SAINT EPHREM. 217
Hymni et sennones (i, 413) : j'en citerai ici une bonne partie ^ .
Jésus Notre Seigneur prit dans ses mains du pain — au commencement ce n'était que du pain, — le bénit, fit le signe de la croix dessus, le consacra au nom du Père et au nom de l'Esprit- Saint, le rompit et le distribua à ses disciples par parcelles; dans sa miséricordieuse bonté, il appela le pain son corps vivant et le remplit de lui-même et de l'Esprit-Saint : étendant la main il donna à ses disciples le pain que sa droite avait consacré : Prenez, dit-il, mangez tous de ce que ma parole a consacTé. Ce que je vous ai maintenant donné, ne croyez pas que c'est du pain; recevez-h, mangez-le, ne le brisez pas en miettes. Ce que j'ai appelé mon corps l'est en réalité. La plus petite de ses parcelles peut sanctifier des milliers d'àmes, et suffit pour donner la vie à ceux qui la reçoivent. Recevez, mangez avec foi, sans liésiter, car c'est mon corps, et celui qui le mange avec foi mange en lui le feu de l'Esprit divin. Pour celui qui mange sans foi, ce n'est que du pain ordinaire, mais celui qui mange avec foi le pain consacré en mon nom, s'il est pur, il conserve sa pureté, s'il est pécheur, il obtient son pardon. Celui qui le repousse, le méprise et l'outrage, celui-là qu'il tienne pour certain qu'il outrage le Fils qui a appelé et fait réellement du pain son corps... Prenez et mangez-en tous; par ce pain vous mangez mon corps, vraie source de la rémission... Après que les disciples eurent mangé le pain nouveau et saint, qu'ils eurent compris par la foi qu'ils avaient mangé le corps du Christ, Jésus continua à expliquer et développer tout le sacrement. 11 prit le calice du vin et le mêla, puis il le bénit, fit le signe de la croix dessus, le consacra et confessa que c'était son sang qui allait être versé... En leur donnant (à ses disciples) le calice à boire, le Christ leur expliqua que le calice qu'ils buvaient était son sang : Ceci est mon vrai sang qui est versé pour vous tous, prenez, buvez-en tous, c'est le nouveau testament en mon sang. Vous ferez comme vous m'avez vu faire en souvenir de moi. Lorsque vous vous réunirez dans l'église en toutes contrées en mon nom, faites ce que j'ai fait en souvenir de moi, mangez mon corps et buvez mon sang, testament nouveau et ancien.
1. M. Lcimy en a donné, dans l'Université catholique, IV, 173 et suiv-, une traduction française à laquelle j'emprunte cette citation.
L'impression générale qui se dégage de ces lignes, surtout quand on fait la part de la poésie qui les pénètre, est évidemment que leur auteur est un réaliste convaincu. Cette conclusion résulte encore d'une singulière opinion de saint Ephrem, opinion qui n'est pas isolée dans ses œuvres. Dans le même morceau dont j'ai cité une partie, il prétend que Jésus-Christ, avant de donner à Judas le pain consacré, trempa ce pain dans l'eau « et de cette manière lava la bénédiction et l'enleva^ ». L'eucharistie n'est donc pas le corps de Jésus-Christ seulement pour la foi du fidèle, mais en réalité et objectivement.
Ce même passage nous dit quels sont, d'après notre auteur, les effets de la bonne communion. Il les mentionne encore ailleurs. Elle nous unit au Christ, nous jurifie intérieurement et conserve en nous la pureté, nous garde contre la concupiscence et prépare la vie éternelle ^ : elle est un viatique pour le moment de la mort^.
Beaucoup moins complets sont les témoignages de saint Ephrem relatifs à la pénitence. Il parle, il est vrai, d'un aveu ou d'une confidence que l'on doit faire des fautes ou des embarras de sa conscience comme d'un moyen de s'éclairer et de se corriger^; mais on n'en saurait conclure qu'il s'agit ici de l'aveu sacramentel, si l'on remarque surtout que l'auteur s'adresse à des moines. En revanche, il reconnaît formellement à l'Eglise le pouvoir de remettre les péchés même en dehors du baptême, pouvoir dont l'exercice est conditionné par le regret du pénitent^.
1. Voir aussi Hymni et sermones , I, 603, 623; Evangelii concord. expositio, p. 222. On retrouve celte opinion dans Jacques de Saroug.
2. I, 461 B; III, 297 F; 437 B; 480 E ; Hymni et sermones, I, 417, 707.