AuGusT., Contra episl. Parmeniani, II
4. Ils n'y manquaient pas, comme bien on pense, et saint Augustin a dû consacrer les livres II-Y de son De baptismo à leur répondre sur ce point.
5. Gesta collât., III, 238 (col. 1413 A). August., De baptismo contra
plus loin encore, et — doctrine infiniment dangereuse — ils faisaient de la sainteté intérieure du ministre la condition de la collation de la grâce : Qui non habet quod dety quomodo dat ^ ? Toute chose, répétaient-ils, remonte à un principe, et une racine mauvaise, un arbre mauvais ne sauraient produire de bons fruits; un mort spirituel, tel qu'un mauvais ministre, ne saurait donner la vie : Conscientia namque dantis attenditur qui cihluat accipientis ^.
Toute l'erreur donatiste est dans ces deux principes dont, en pratique, ils étaient pourtant bien obligés parfois de corriger la rigueur. Par exemple, s'ils se montraient intransigeants à considérer comme hors de l'Église non seulement les traditeurs, mais encore tous ceux qui communiquaient de quelque façon avec eux, c'est-à-dire tous les catholiques ^, en revanche, ils ne poussaient à bout ni leur théorie de la sainteté de l'Église, ni leur théorie de la sainteté du ministre, condition de la validité du sacrement. Car enfin, en quoi les fautes secrètes étaient-elles moins contraires à la pureté de l'Église que les fautes manifestes, et pourquoi les pécheurs secrets n'étaient-ils pas ipso facto exclus de son sein? Les donatistes les y souffraient cependant, et déclaraient même que leur présence ne nuisait pas aux bons'*. Et si la sainteté extérieure du ministre est requise pour l'administration des sacrements, si le ministre est la source de la grâce, et ne peut la donner que s'il la possède, ne
donatist., I, 17. Inutile de remarquer que, pas plus que saint Cyprien, les donatistes ne distinguaient entre la validité et l'efficacité du baptême.