Orose, Commonitor
7. JÉRÔME, Epist. CXXXIII, 3; Sulpice Sévère, Histor, sacra, II, 50.
vrais sentiments en présence de ceux qui ne les partageaient pas, et d'autoriser le parjure plutôt que la violation des secrets de la secte : « lura, periura, secretum prodere noli^ ». Ils autorisaient même leurs adhérents à renier le Christ pour échapper à la persécution 2.
Telle était l'idée qu'on se faisait, au v® siècle, de la doctrine priscillianiste. On y voyait un mélange de gnosticisme et de manichéisme ^, un système composite où se rencontraient le dualisme, l'astrologie, le pythagorisme , le docétisme, un encratisme exagéré, le tout combiné avec le sabellianisme et certaines doctrines origénistes.
Mais était-ce là la doctrine de Priscillien, et, même en faisant la part de développements ultérieurs qui ont pu et dû se produire, en retrouve-t-on le fond dans ses écrits?
Sur quelques points, oui, mais non sur l'ensemble. Le premier des reproches que la lecture des écrits de Priscillien paraît confirmer, est celui d'abuser des livres apocryphes. Priscillien a écrit sur ce sujet un traité tout entier, le troisième : Liber de fide et apocryphis. Il remarque que les écrivains canoniques se sont servis eux-aussi de livres et de prophéties non canoniques : tels saint Jude (p. 44, 45), l'évangile, saint Paul, Daniel, Ezéchiel (p. 48, 50). On trouve indiquées dans la Bible des prophéties de Noë, d'Abraham, d'Isaac et de Jacob (p. 45-47). Saint Paul a recommandé aux Colossiens la lecture de son épître auxLaodicéens, qui n'est pas canonique (p. 55). Priscillien en conclut que
1. AuGUST., De haeres., 70; Epist. CCXXXVH, 3; Contra mendac, 2.