Vita Constantini, II, 64-7-2; cf. Socrate, Hist. eccl
dans les vues de Constantin : peut-être même déjà les deux évêques se mirent-ils d'accord pour condamner Arius. Les troubles augmentant, Constantin — sur le conseil d'Hosius, on peut le croire — résolut de convoquer un concile général. Ce fut celui de Nicée.
Avant d'en aborder l'histoire, nous devons dire d'une façon précise : 1° quelle était la doctrine d'Arius ; 2" quel enseignement lui opposait l'évêque Alexandre.
Nous sommes parfaitement renseignés au moins sur les grandes lignes du système d'Arius; car les sources pour le connaître ne manquent pas, et, bien que l'hérésiarque n'ait pas laissé d'exposé didactique de ses idées, ses affirmations — ou ses négations — sont suffisamment nettes, et ses conceptions assez enchaînées pour qu'on en puisse suivre aisément la tramée La reconstitution qu'on va lire est basée exclusivement sur ce qui reste de ses ouvrages.
Dieu est unique : il est seul inengendré, éternel, sans principe, vraiment Dieu. Ce Dieu absolu ne saurait communiquer son être, sa substance, soit parce qu'une pareille communication ou génération supposerait qu'il est composé, divisible, muable, et, en somme, corps, ce qu'il n'est pas ; soit parce qu'un Dieu engendré ou produit par communication de substance serait
1. Les sources principales pour connaître la doctrine d'Arius sont : 1° Les écrits mêmes d'Arius : a) sa lettre à Eusèbe de ^Mcomédie conservée par saint Épiphane, Haer. LXIX, 6, et par Tiiéodoret, Hist. eccL, I, 4; 6) sa lettre à Alexandre d'Alexandrie conservée par saint Athanase, De synodis, i6, et par saint Épiphane, ifaer. LXIX, 7, 8; c) les fragments de la Thalie conservés par saint Athanase, Contra arianos. Or. I, 5, 6, 9; De synodis, iîi; d) la profession de foi d'Arius à Constantin conservée par Socrate, Hist. eccL, I, 26, et Sozomène, Hist eccL, H, 27; e) enfin les citations textuelles reproduites par saint Athanase, Epist. encycl. ad episcop. yEgypti, 12, et De sententia Dioriysii, 23. — 2° Les exposés de la doctrine d'Arius faits par ses premiers ojiposants, notamment par saint Alexandre, Epistula encyclica, 3, rei>rodLiiie par Socrate, Hist. eccL, I, 6, saint Athanase et les autres. — 3° Enfin les renseignements fournis par les historiens, Socrate, Sozomène, saint Épiphane, Philostorge, etc.
une contradiction dans les termes, Dieu étant par définition àYevvy)Toç. Il faut donc absolument condamner lés expressions qui supposent cette communication ou génération, telles que TrpoêoX-/^, [j-époç ôfjioouffiov, Xùyvov àiro Xupou. Tout ce qui est en dehors du Dieu unique est créé, créé ex nihilo parla volonté de Dieu^
Ce Dieu donc a voulu produire le monde. Pour ce faire, il a préalablement créé, pour être l'instrument de la création, un être supérieur, celui que nous appelons Verbe-. Le Verbe est intermédiaire entre Dieu et le monde. Bien qu'il ne soit pas Dieu, il n'entre pas cependant dans le système du monde : il est avant les créatures proprement dites, avant le temps et avant les siècles (à/povwç, Trpo aîojvojv), car ceux-ci ne commencent qu'avec le monde, et ont, comme lui, le Verbe pour auteur immédiat. Mais le Verbe n'est pas éternel (aiSioç Y) (TuvaiSio;), car il n'a pas toujours été : il y a eu un moment de la durée — non du temps — où il n'était pas ; il a passé du non-être à l'être : ^v uote ots oox ^v, xat oOx i^v TTpiv ^^i'^r\':y.i^ otXK àpyyjv tou XTi^eaOai ea/e xat
Le Verbe est donc vraiment créé (s^ oùx ovto)v yé*{ovs) : il n'est pas de la substance de Dieu, mais existe par la volonté de Dieu''. Arius emploie sans doute, pour marquer l'opération qui fait exister le Verbe, l'expression Ysvv^ffavxa, eY£Vvr,aev, Y^vvyjôsi'ç : mais, Outre que le niot YEvvyjToç n'avait pas encore le sens exclusif qu'on lui donna plus tard et se confondait souvent avec le mot