Contra lulianum
conciles de Carthage et de Milève contre les pélagiens et l'assentiment de Rome, il s'écrie : « Causa finita est : utinam aliquando finiatur error^ ! »
Reste la question des rapports de TEglise et de l'État : elle se posait depuis que les empereurs étaient devenus chrétiens et que l'Eglise avait grandi. Quelques passages de la Cité de Dieu^ donnent l'impression que saint Augustin opposait parfois l'État à l'Église comme la cité du démon à celle de Dieu, la cité du mal à celle du bien. On se tromperait toutefois en exagérant la signification de ces passages. Le saint docteur regarde au contraire l'Etat, la société civile, comme nécessaires, voulus par la Providence : « Prorsus divina providentia régna constituuntur humana^. » En temps de guerre, le soldat doit obéir au prince, à moins d'être absolument certain de l'injustice de sa cause*. Seulement, les empires ne sont bons qu'autant que la justice y règne : « Remota igitur iustitia, quid sunt régna nisi magna latrocinia^? » Or, toute justice vraie, toute vertu sincère et complète vient de TÉvangile et ne se trouve que dans l'Eglise. Le prince, l'État devra donc être chrétien : il devra se lier à l'Église pour en recevoir l'élément moral, l'élément de justice dont il a besoin : il devra la protéger, pour protéger en elle cet élément, et se protéger indirectement luimême. Non pas que l'État puisse avoir une politique ecclésiastique à lui, indépendante de l'Église : non : mais il aidera et secourra l'Église selon qu'il en est be-
1. Voici le texte entier : • lam enim de liac causa duo concilia missa sunt ad sedem apostolicara : inde etiam rescripta venerutit. Causa finita est : utinam aliquando finiatur error! » C'est de là qu'est sorti le fameux Roma locuta est : causa finita est, qui ne se trouve pas dans les œuvres de saint Augustin, et qui est beaucoup plus fort.