Saint Basile, Epist. LXIX, 2; cf. Epist. CCLXHI
§ 4. — Les conciles et les formules de foi de 337 à 350.
Constantin était mort le 22 mai 337, laissant l'empire à ses trois fils. Constantin le jeune eut l'Espagne, la Gaule et la Bretagne; Constance gouverna l'Orient, et à Constant échurent l'Italie et l'Afrique. Les évoques exilés furent rappelés, et Athanase rentra à Alexandrie (23 novembre 338). Mais en Constance les eusébiens avaient trouvé l'homme qu'il leur fallait, un empereur possédé de la manie de dogmatiser, d'ailleurs versatile et facile à influencer. Privé de son siège et menacé dans sa vie, Athanase, le 19 mars 340, dut fuir précipitamment et se réfugier à Rome. Il s'y trouvait en sûreté sous la protection du pape Jules et du jeune Constant qui, cette année même, vainqueur de son frère Constantin, était devenu maître de tout l'Occident sauf la Thrace. Un concile de cinquante évéques se tint à Rome en octobre 341, auquel les eusébiens, qui l'avaient d'abord demandé, refusèrent de se rendre, et qui reconnut les droits d'Athanase et de Marcel d'Ancyre. Le pape informa de ces décisions les eusébiens^ tout en se plaignant que l'affaire d'un patriarche d'Alexandrie eût été instruite et tranchée en Orient sans qu'on lui eût préalablement écrit à lui, évêque de Rome, « comme c'est l'usage^ ».
Mais les eusébiens, qui n'avaient pas le temps de venir au concile de Rome, trouvaient le temps d'en tenir d'autres en Orient. En 341, mai-septembre, ils célébrèrent celui d'Antioche in encaeniis. 11 adopta trois formules de foi, commencement de cette série de sym-
\. Voir la lettre du pape dans Athanase, Apologia contra arianos, 21-35
boles qui vont se multiplier pendant vincrt ans, et qui se distinguent en général parles deux traits suivants : 1° Ils taisent ou, quelquefois, écartent Tôugoutio;; 2° ils condamnent l'arianisme pur. Ils flottent ainsi entre l'erreur et l'orthodoxie, se rapprochant plus ou moins de l'une ou de l'autre, suivant la fraction du parti prépondérante dans le concile. Ils n'énoncent pas toujours l'erreur ; mais ils ne proclament pas la pleine vérité : ils pèchent surtout par insuffisance et prétérition.
Les trois formules du concile in encaeniis ont été conservées par saint Athanase. La première^ est dogmatiquement insignifiante. A remarquer seulement contre Marcel l'affirmation du règne éternel du Christ, affirmation qui reviendra fréquemment dans les autres formules. La deuxième^ est celle que l'on a vu attribuer à Lucien d'Antioche. Elle est dirigée surtout contre les sabelliens. Saint Hilaire s'en montre satisfait^, et elle est, en effet, assez nette sur la divinité du Fils qu'elle déclare ôsov Ix 6eou... aTpsTrxov ts xai àvaX- AatWov TÎ^ç ÔÊOtriTo; oùaatç te xai pouXriç xoà Suvaaeo'Ç xai hQ\r\<; Toîi TTarpoç àTrapaXXaxTov eîxova, et très Catégorique sur son éternité. Des termes de la trinité elle énonçait qu'ils sont t^ \xïv ôiroaradsi xpi'a, t^ Ss (Tuttcpoivia ev. La troisième formule^', proposée par Theophronius de Tyane, vise directement Marcel d'Ancyre, et proclame le Fils 6eov TsAeiov ex Ô£Ou TsXetou, xat ovxa Trpoç tov 6ebv ev uTTOOrTàagt.
Une quatrième formule^ est cependant attribuée à ce même concile d'Antioche, dont on ne saurait dire si
1. Athanase, De synodis, 22; SocpxAte, Hist. eccL, II, 10; Hahn, § 153.
2. Athanase, De synodis, 23; Socrate, Hist. eccl., Il, 10; Hahin, § 154.