‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 392 sur 426 · De libero arbitrio, I · texte numérisé non relu

De libero arbitrio, I

î. De 2^eccat. mer. et rem., I, 57.

3. De peccat. mer. et rem., II, 36; Contra Iulian. op. imp., I, 47.

4. De nupt. et concup., I, 28, 29; cf. 27 ; Contra duas epist. pelag., I, 27.

que les péchés ordinaires transeant actu^ maneant reatu « sic itaque fieri e contrario potest ut etiam illud maneat actu, transeat reatu ^ ». La concupiscence est donc un péché chez les non baptisés : dans les baptisés, elle ne Test plus. Elle reste un mal cependant, car ce que le baptême purifie c'est le baptisé, non la concupiscence 2; et elle reste un mal que l'on peut appeler péché, parce qu'elle en vient et y conduit'. C'est une blessure dont on a retiré le trait : le baptême retire le trait; la blessure demeure*.

Mais alors, objectait-on, le mariage, qui est inséparable de la concupiscence et qui la met en œuvre, est donc mauvais. On sait comment l'évêque d'Hippone résolvait cette difficulté. Ce qui est mauvais, ce n'est pas le mariage mais la concupiscence qui accompagne l'acte conjugal, et qui l'accompagne non nécessairement — puisque l'homme innocent ne l'aurait pas connue — mais conséquemment à la chute originelle^.

Le péché originel est donc en général la concupiscence désordonnée, et au premier chef la concupiscence sexuelle. Reste à expliquer comment elle est volontaire, car tout péché doit être voulu par l'homme, autrement il le faudrait attribuer à Dieu; et reste aussi à expliquer comment la nature humaine n'en est pas essentiellement viciée, ce qui conduirait au manichéisme. Saint Augustin répond à la première question en observant que le péché originel est volontaire

\. De nupt. et concup., I, 29, On peut comparer cela par exemple à un commerce illégitime entre deux personnes qui se trouve légitimé par le mariage : Manel actu, transit reatu.

2. Contra Iulian., YI, 12, 51 ; Contra Iulian. op. imp., IV, 61.

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