‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 396 sur 426 · De nupt. et concup., I · texte numérisé non relu

De nupt. et concup., I

3. Contra Iulian., \, b'2; Contra Iulian. op, imp. II, 49,818; Sermo CLI, 5.

autre sang vicié ^ ; mais elle ne disait pas comment l'âme raisonnable, qui est le principal sujet du péché originel, en qui se trouve le reatus peccati est atteinte par cette souillure. Il fallait pousser plus loin les recherches, et ces recherches impliquaient la solution du problème de l'origine de l'âme, car l'explication à fournir de la souillure de l'âme devait être différente, suivant qu'on adopterait le créatianisme ou le traducianisme. Dans le premier cas, il faudrait dire que l'âme créée pure par Dieu et unie par lui, pour des raisons ignorées de nous, à un corps, est souillée par son contact avec une chair viciée. Dans le second cas, on pourrait admettre que l'âme de l'enfant est directement souillée par celle des parents dont elle dérive : « Aut utrumque vitiatum ex ho mine trahitur, aut alterum in altero tanquam in vitiato vase corrumpitur, ubi occulta iustitia divinae legis includitur^. » Or, sur cette question de l'origine de l'âme, saint Augustin ne parvint jamais à se faire une opinion ferme. Personnellement et comme philosophe, il inclinait au créatianisme^; mais il lui semblait que cette doctrine était incompatible avec celle du péché originel. Sa grosse difficulté était d'expliquer pourquoi des milliers d'âmes d'enfants, créées innocentes par Dieu, étaient par lui introduites dans des corps où il savait qu'elles seraient souillées et ne pourraient pas d'ailleurs être régénérées par le baptême. Où, et quand, et comment avaient-elles mérité d'être unies à ces corps*? Fallait-il donc revenir au système d'Origène sur la préexistence des âmes? Augustin n'en voulait

1. Non pas que la chair soit le sujet de la concupiscence, abstraction faite de l'âme qui la viviiie; il s'agit de la chair vivante et animée. Cf. De perfectione iustiliae, ig.

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