‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 414 sur 426 · Contra Iulian., IV, 45; De dono persever · texte numérisé non relu

Contra Iulian., IV, 45; De dono persever

de la grâce conférée, mais au contraire sa préparation : « Haec est praedestinatio sanctorum, nihil aliud : praescientia scilicet et praeparatio benefîciorum Dei quibus certissime liberantur quicumqiie liberantur ^ . » Si donc de deux adultes également appelés, également pieux, l'un persévère, l'autre ne persévère pas, c'est — indépendamment de leur volonté qui reste toujours libre — que l'un est prédestiné, l'autre ne l'est pas^. Si la grâce de la vocation est refusée aux uns, si des grâces congrues (congrua suis mentibus vel audiant verba, vel signa conspiciant) ne sont pas données à certains qui en auraient profité, c'est — toujours avec la même réserve — qu'ils ont été laissés dans la masse de perdition dont d'autres ont été tirés ^. Et ceux-ci l'ont été « per electionem, ut dictum est, gratiae, non praecedentium meritorum suorum, quia gratia illis est omne meritum '' ». La miséricorde de Dieu toute seule est le principe de leur salut : « Quid nos hic docuit nisi ex illa massa primi hominis cui merito mors debetur, non ad mérita hominum sed ad Dei misericordiam pertinere quod quisque liberatur^. » Bref, par l'effet seul de sa volonté, Dieu, comme le père de famille, donne aux uns ce qu'il ne leur doit pas et le refuse aux autres : il ne doit de compte à personne^.

L'ensemble de la pensée de saint Augustin nous dirige donc vers la doctrine de la prédestination à la gloire ante praevisa mérita. Que s'il s'agissait non plus de la prédestination à la gloire prise isolément, mais de la prédestination complète à la grâce efficace, à la persévérance finale et à la gloire, aucun doute ne

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