Oratio XXXI
façon plus claire. Ainsi la Trinité se dévoile par degrés, et un progrès de lumière se fait dans F Église ^ — « Quoi donc? l'Esprit-Saint est-il Dieu? — Assurément. — Quoi donc, consubstantiel? — Oui, puisqu'il est Dieu 2. » C'est la proposition que le saint docteur s'efforce d'établir dans tout son discours, et pour la démonstration de laquelle il se plaît à invoquer surtout l'expérience chrétienne de ses auditeurs. Le Saint-Esprit nous déifie dans le baptême : il est donc adorable ; et, s'il est adorable, comment n'est-il pas Dieu^?
On exposera un peu plus loin la pensée des Gappadociens sur la question spéciale de la procession du Saint-Esprit. De ce qui vient d'être dit il résulte qu'ils admettent en Dieu trois personnes, réellement distinctes, toutes trois Dieu, consubstantielles entre elles. Ils ajoutent qu'il y a entre elles unité de substance, d'opération, de volonté, de connaissance, d'action^; qu'elles sont également adorables, et que l'une n'est pas inférieure aux autres, parce qu'il n'y a pas en Dieu de plus et de moins ^ : *Ev xà xpi'a tt) ôeÔT-/|Ti, xai xo ev xpia xoilç îotOTr)(yiv ®.
Mais ici précisément, on nous arrête. Les Cappadociens admettent la consubstantialité du Père, du Fils et du Saint-Esprit : cela est vrai, nous dit-on, en apparence, mais, en réalité, ils ne donnent pas à ôij-oQuaioç le même sens que Nicée et Athanase. Ces néo-nicéens sont des disciples d'Origène, qui ont vécu au milieu