Fragm
L'APOLLINARISME. 99
les choses de plus près. La pensée d'Apollinaire n'est pas qu'il y a eu transformation de l'une des deux natures en l'autre ni que les deux se sont fusionnées en une nature nouvelle : il écrit au contraire : cpudsi (xàv Ôeov xai çudsi avÔpwTîov xbv xupiov Xeyofxsv * ; mais, d'après lui, le Verbe, nature complète en soi avant l'incarnation, s'unit par l'incarnation un corps qui « ne constitue point une nature par lui-même; car il ne vit point par lui-même, et l'on ne peut le séparer du Verbe qui le vivifie^ ». La nature divine aaapxoç du Verbe devient (Teffapxwixsvr) : elle était simple d'abord, elle devient cuvOetoç, aoy^paToç : il n'y a pas nature nouvelle autre, mais nature ancienne existant autrement par l'adjonction d'un élément nouveau. De là les formules dont la première deviendra plus tard si célèbre : Mia cpoaiç idu ôsou Xoyou (r£aapxw{i.évy) ' — 'O auToç (XptffToç) Iv (xovoxyiTi coyy.pdio\j cpuaeojç ôeïx^; aedapxtojjilvyiç'*. Apollinaire recourt fréquemment, pour faire comprendre sa pensée, à l'union de l'âme et du corps. Cette comparaison aide en effet à concevoir comment la divinité et le corps ne forment qu'une même nature, bien qu'ils restent distincts ; mais elle ne serait adéquate que si l'on supposait l'âme préexistante, nature complète en soi, et n'ayant nul besoin pour subsister du corps auquel elle est unie.
De l'unité de nature Apollinaire concluait légitimement à l'unité du terme de nos adorations en Jésus- Christ, et à l'unité de cette adoration : fxiav <pu(nv tou ôeou Xoyou ffeffapxto[jt.£vyiv xa\ 7rpo(jxuvou[jisvy)v [itioi. t/j; aapxo;; «ÙTou (Ata TTpoffxuvv^ffei ^ ; il concluait légitimement à la communication des idiomes ^; mais il concluait surtout