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L'APOLLINARISME. . 101
façon uniforme par tous ses disciples. On voit, par la lettre de saint Athanase à i^pictète (2)^, quelles confusions se produisaient à cet égard ; et saint Épiphane (Haer. lxxvii, 2, cf. 33), qui écrivait vers 377, a bien soin de nous prévenir qu'il n'accepte pas comme d'Apollinaire toutes les opinions qu'on lui prête.
Ainsi, il n'est pas vrai que l'évêque de Laodicée ait enseigné la préexistence de la chair de Jésus-Christ, qu'il lui ait assigné une origine céleste, qu'il ait considéré la Vierge seulement comme un canal par où cette chair a passé, qu'il ait regardé l'état de l'incarnation comme éternel et la naissance du Sauveur comme une simple manifestation d'un mystère permanent. Les textes sur lesquels se fonde saint Grégoire de Nysse^ pour formuler ces accusations, et notamment le fragment 32, n'ont pas le sens qu'il leur donne et se doivent entendre dans la rigueur du système apoUinariste. Apollinaire, en particulier, affirme expressément que le Fils de Dieu est Ix yu^aixoç xaToc ffàpxa^.
Il en est de même de l'accusation de théopaschisme, portée contre notre auteur également par saint Grégoire de Nysse^. Apollinaire attribuait sans doute au (Christ Dieu la mort de son humanité : Aùtoç ô ôeo; oÎTréôave, disait-il, car la mort d'un homme ne peut détruire la mort^. Mais, en ce faisant, il poussait seulement à l'extrême la théorie de la communication des idiomes, et restait dans la logique de son système. La nature unique du Verbe incarné était impassible en elle-même.
1. p. G., XXVI, 1049 suiv. La lettre est de 371 environ. On y reviendra plus loin.
2. Antirrheiicus, 12, 13, lo, 18, 24-26. Cf. Grec. Naz., Epist. CCII, et SozOMÈNE, Hisl e.ccL, VI, 27.