Ancoratus, 32, 38, 78; cf. Haer. LXIX
du IV* siècle devaient, à leur tour, donner une réponse.
Cette réponse, ils ne la donnent pas explicite, précise, dans les termes qui seront consacrés par les conciles du V® siècle : manifestement il leur manque des définitions nettes et une langue arrêtée. Mais on peut dire qu'ils en donnent les prémisses et, si Ton peut parler ainsi, toute la matière. Leurs idées sont en avant sur leurs formules et, s'ils ne s'expriment pas toujours correctement, ils pensent au moins toujours juste.
Une idée d'abord qu'ils repoussent unanimement, et cela d'accord avec Apollinaire, c'est qu'il y ait eu, dans l'incarnation, conversion de l'un des deux éléments en l'autre, ou fusion de l'humanité et de la divinité pour constituer une troisième nature. Les deux adverbes irps^Tw;, iaxt^/i^xta:, se trouvent déjà dans Didyme l'aveugle^. Saint Epiphane dit de même que le Verbe, en s'incarnant, n'a pas changé de nature {\ky\ xpaireiç t^ cpuaiv) ^ ; saint Chrysostome qu'il ne s'est pas transformé en la chair, et que l'incarnation n'a comporté ni confusion ni disparition des substances (où auy/^ucewç Y2V0(jt.£vr,(; olBi à'^avi(Tiji.ou twv oùaiwv) ^. Athanase et Didyme étaient poussés à maintenir cette distinction réelle entre la divinité et l'humanité après l'union par les nécessités de la controverse arienne, les Cappadociens et Epiphane par celles de la controverse apoUinariste. Aussi maintiennent-ils que, après l'union, le Sauveur est Dieu et homme, qu'il y a en lui deux formes (tjLopcpat, Suo TrpàyfJi-aTa)'*, deux natures (<pu(7ei< \xh yàp Suo, ôebç xai àvôpioTroç), autre chose et autre chose («XXo xai àXXo)^ : « Distinguez-moi les natures
1. De trinitate, ni, 6, col. 844; III, 21, col. 901 ; III, 43, col. 861.