In psalm. XLVIII
riiomme et le sien propre, puisque le démon — on le verra plus loin — doit profiter lui-même de la rédemption.
On peut voir aisément, par ce qui a été dit, que la tliéorie dite réaliste est, en somme, la plus commune dans l'enseignement théologique des Pères grecs du iv" siècle, et que les autres s'y joignent comme des sortes de compiémenls ou d'explications plus raffinées. Mais du reste, le fruit que nos auteurs assignent à cette rédemption est toujours le même. Elle doit nous remettre dans l'état dont nous sommes déchus, nous délivrer du péché et de la mort, nous rendre l'immortalité et la grâce : elle doit nous diviniser. On a déjà, sur ce dernier point, entendu saint Athanase. Sa doctrine est particulièrement riche. Il remarque que Jésus-Christ, recevant comme homme les dons divins, nous les a transmis; bien plus, il nous communique sa divinité, sa filiation divine par le don qu'il nous fait de son Esprit. Cet Esprit, qui est l'Esprit du Fils, nous rend enfants de Dieu, participants de Dieu ([iSToyoi toïï Osoù)'. Les Cappadociens ne parlent pas autrement^. Saint Cyrille de Jérusalem non plus : le but de l'incarnation est de rendre l'humanité pécheresse participante de Dieu (ôeoû xotviovo;)^. Saint Chrysostome, bien qu'appartenant à l'école d'Antioche, ne fait pas exception. Tous les effets de la rédemption, qu'il décrit magnifiquement, et qu'il déclare surpasser de beaucoup notre nature, se résument pour lui, comme pour ses contemporains, dans une divinisation de cette nature :
1. C, arianos, I, 50, 56; III, 40; De decretis, 14; Ad Serapionetn, I, 24, %;. i»; III, 3,
2. OiiEG. Naz., Or. XXXIX, 17; Basil., De Spiritu Sanclo, 33; AupniLOcii., Or. I in Christi natalem, 4 : iJ(i|xopçoc toi; 5o\J>,oi; ô ÔecTroTTjÇ yé^ove Tva ot ôoOXoi YÉvtovTai (;0ix.[xop9oi ndXiv ôecS.