‹ Histoire des dogmes (volume 4)Chapitre 179 sur 409 · Tractai. VI, p · texte numérisé non relu

Tractai. VI, p

nous mettre en défiance contre sa véracité ; que l'on ne voit pas pourquoi il aurait si haut prisé les apocryphes s'il n'y avait eu quelque intérêt doctrinal; que la secte est de bonne heure accusée de dissimuler ses sentiments. Toutes ces considérations plaident sans doute contre le novateur; mais elles ne détruisent pas entièrement l'impression que produit la netteté de ses déclarations. On est bien obligé de tenir compte du caractère mondain et sensuel de son premier et plus grand ennemi, l'évêque Ithacius, et l'on peut se demander si, au point de vue de l'encratisme par exemple, certaines pratiques d'austérité, exagérées si l'on veut, de Priscillien et de son entourage n'ont pas été présentées aux contemporains comme de véritables hérésies par cet homme dont Sulpice Sévère écrit qu' « il portait la folie jusqu'à incriminer comme complice ou disciple de Priscillien tout homme pieux, ayant le goût de l'étude ou s'imposant des jeûnes prolongés », et qu' « il osa même lancer une infamante accusation d'hérésie contre saint Martin, homme de tout point comparable aux apôtres ' ».

On ne saurait donc, en dehors des points clairement confirmés par ses écrits, se prononcer absolument sur la doctrine originale de l'évêque d'Avila.

§ 3. — Les erreurs d'Helvidius, de Bonosus de Jovinien et de Vigilance.

Pendant que le priscillianisme agitait l'Espagne et l'Aquitaine, de moindres erreurs — qu'il faut signaler cependant — troublaient d'autres parties de l'Église.

La première en date est celle d'Helvidius ^.

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