‹ Histoire des dogmes (volume 4)Chapitre 187 sur 409 · p. L., LIX, LX · texte numérisé non relu

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n'est qu'un développement, et dont l'avenir devait un jour consacrer les principes ^ .

Essayons, au moyen de ces auteurs, de nous représenter ce qu'était la théologie latine au iv* siècle.

§ 2. — La doctrine sur les sources de la foi.

La première des sources où nos auteurs vont puiser leur enseignement est naturellement l'Ecriture. Ils la regardent tous comme inspirée 2, mais sans analyser un peu profondément le concept de l'inspiration. Seul, saint Jérôme fait remarquer que l'auteur inspiré n'est pas entre les mains de Dieu, comme le pensaient les montanistes, un instrument purement passif, ravi en extase et ne comprenant pas lui-même ce que Dieu disait par sa bouche. Non, cet auteur restait conscient et actif, et c'est pourquoi nous constatons tant de différence dans le style des écrivains sacrés, chacun d'eux marquant l'expression de la vérité inspirée de sa personnalité propre^. Une conséquence de l'inspiration est d'ailleurs que l'Ecriture ne peut ni se contredire, ni se tromper, ni nous tromper''. Elle doit donc être notre guide; en elle tout est parfait^.

1. Édit. C. ZiwsA, Vindob., 1893. v. P. Monceaux, Hist. litt. de l'Afr. chr., V, 1920. — Il faudrait aussi nommer Lucifer de Cagliari et son disciple Grégoioe d'Elvire dont les opinions sur l'Église rappellent ic rigorisme de Novatien. D. Wilmart a démontré que Grégoire est le véritable auteur des Tractatus Origenis édités par iW Bati.Tol. V. le premier volume de celte histoire, 6" édition, p. 357-36-2.

2. HiLAiRE, In psalm. LXIV, 3; Ambroise, De Spi'ritu Sancto, m, 112; JÉRÔME, In epist. ad Gai., V, 20 (col. 417); In Michaeam, VII, 7 (col. 1222); Epist. CXXIU, 5.

3. In Isaiam, Prolog, (col. 19); Epist. CXXI, 10; et cf. les préfaces aux divers commentaires.

i. JÉRÔME, In Nahum, I, 9 (col. 1238); Epist. LVII, 7; cf. In ilallh., XIV, 8 (col. 98); In leremiam, XXVIII, 10, 11 (col. 833).

3. HiLAiRE, In ex VI II psalm., litt. YI, 1; Ambroise, In psalm. CXVIII, sermo XIY, 11.

Comment nos auteurs l'interprètent-ils? J'ai déjà dit que saint Hilaire et plus encore saint Ambroise allégorisent souvent, et cherchent volontiers au delà, et quelquefois en dehors du sens littéral un sens plus haut. On en peut dire autant de Zenon de Vérone. Victorin, au contraire, malgré les explications originales, singulières, qu'il a données de certains passages de l'Ecriture, se tient plus près de son texte et l'interprète en grammairien'. Quant à saint Jérôme, il emprunte à Origène la distinction des trois sens historique, tropologique et spirituel. Le premier est conlorme à la lettre; le second expose la leçon morale que le texte contient; le troisième enfin met en relief, s'il y a lieu, les vues que ce même texte nous donne sur le ciel et la vie future 2. Saint Jérôme ne veut pas qu'on s'arrête toujours uniquement au sens littéral, qui peut être une occasion de scandale^; mais il condamne bien davantage ceux qui « divaguent » sous prétexte d'interprétation tropologique ou spirituelle''.

L'Ecriture est donc une première autorité qui nous instruit de ce que nous devons croire. Mais saint Hilaire observe que ceux qui sont hors de l'Eglise « ne peuvent avoir l'intelligence de la parole divine », que dans l'Eglise « a été établie la parole de vie »^. Saint Ambroise dit que le doigt de l'Eglise nous montre la foi, qu'elle seule garde la loi complète du Seigneur^, Saint Jérôme à son tour remarque, par la bouche du luciférien qu'il approuve, que la tradition et la coutume

i. In epist. ad Galatas, H (col. 1184); In epist. ad Ephesios, II, prooetn. (col. 1-273).

2. Epist. CXX, 12; In Amos, IV, 4 (col. 10-27); In Ezechiel., XVI, 31 (col. H7).

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