Ambroise, De inslilut. virgi7iis
traduction, remarque saint Jérôme, Rufm avait corrigé les erreurs sur la Trinité qui auraient par trop offensé les lecteurs romains ; mais il avait maintenu et même aggravé, par des commentaires tirés de Didyme, ce que le premier auteur avait écrit « de angelorum ruina, de animarum lapsu, de resurrectionis prodigiis, de mundo, vel intermundiis Epicuri, de restitutione omnium in aequalem statum, et multo his détériora ' ». Il s'agissait, comme on le voit, des solutions données par Origène aux questions de la chute des anges et des âmes, de l'inégalité des conditions actuelles, et aussi du mode de résurrection future, de la durée des peines de l'enfer et de la restitution finale de tous les êtres raisonnables dans le bonheur et l'amitié de Dieu. Ces solutions, que Rufîn le voulût ou non, gagnèrent bientôt, à Rome même, de nombreux adhérents. Beaucoup furent séduits : des prêtres, des moines, surtout des hommes du monde ^. On scrutait la justice de Dieu; on se demandait pourquoi certains enfants naissent de parents chrétiens, pendant que les autres voient le jour au milieu de nations qui n'ont aucune connaissance de Dieu^. On entendait des femmes objecter qu'il leur serait inutile de ressusciter, si elles devaient ressusciter avec leur corps, et affirmer qu'elles seraient alors comme des anges "•. Saint Jérôme, qui donne ces détails, dit ailleurs que la plupart — des interprètes sans doute — voyaient, dans Nabuchodonosor pénitent, la figure du démon converti et restitué en son ancienne place à la fin du monde ; que la plupart entendaient métaphoriquement ce qui est dit dans l'Ecriture du ver qui ne meurt point et du