De natura et gratia, 71; Epist. LXXXII
6. Confess., XII, 30-33; cf. De doctrinachristiana, I, 40; III, 5, 38.
ingénieuses que solides. Elève des néoplatoniciens et d'ailleurs porté, par la subtilité de son esprit, à Tallégorisme et au mysticisme, il donne, dans sa prédication surtout, libre cours à ces tendances et délaisse volontiers l'exégèse littérale, pour chercher, dans des explications plus raffinées, des thèmes de morale et d'édification.
A côté de l'Écriture, d'autre part, et comme source de la doctrine révélée, saint Augustin met la tradition, une tradition non écrite qui vient des apôtres, et qui nous a transmis des coutumes et des enseignements que rÉcriture ne contient pas : « Sunt multa quae universa tenet ecclesia, et ob hoc ab apostolis praecepta bene creduntur, quanquam scripta non reperiantur ' ». De ce nombre est la nécessité du baptême pour les enfants. Quand une coutume est universelle et n'a pas d'ailleurs été instituée par un concile, c'est un signe qu'elle vient des apôtres^.
Saint Augustin n'identifie pas cette tradition avec l'autorité vivante de l'Eglise; mais il reconnaît celle-ci comme la règle suprême et la norme de la foi. On se souvient du texte classique : « Ego vero evangelio non crederem, nisi me catholicae Ecclesiae commoveret auctoritas' ». C'est de l'Eglise que nous recevons les Écritures; elle nous garantit leur autorité, et son enseignement est le guide que nous devons suivre dans l'interprétation et des Ecritures et de la tradition^. Par ses conciles elle tranche toutes les controverses*. Une part de ce magistère doctrinal de l'Église revient d'ailleurs à ses évêques et à ses docteurs pris indivi-
1. De baptismo, V, 31 ; cf. II, 18; IV, 9. 9. De baptismo, IV, 31.
3. Contra epist. fundamenti, 6; cf. Contra Faustum, XXVIII, S.