‹ Histoire des dogmes (volume 4)Chapitre 311 sur 409 · In loan., tract. XXVI · texte numérisé non relu

In loan., tract. XXVI

taine manière, par sa nature même, la réalité dont il est le signe : « Si enim sacramenta quamdam similitudinem earum rerum quarum sacramenta sunt non haberent, omnino sacramenta non essent ^ » Les sacrements, bien qu'ils soient d'institution divine, on le dira, ne sont donc pas des sig-nes purement conventionnels : ils sont, dans une bonne mesure, des signes naturels : la volonté divine qui a délinitivement établi le rapport entre le signe et la chose signifiée a trouvé dans la manière d'être ou d'agir du symbole un fondement à son choix ^.

Un sacrement est donc avant tout, pour saint Augustin, le signe à la fois naturel et conventionnel d'une chose sainte. Il peut n'être que cela, et c'est en ce sens que notre auteur appelle sacrements le sel bénit donné au baptisé', les exorcismes du baptême \ la tradition même du symbole et de l'oraison dominicale aux catéchumènes^. C'est en ce sens encore que les rites de l'ancienne Loi — sauf la circoncision — qui ne faisaient qu'annoncer le Christ et le salut, sans les apporter, étaient des sacrements". Mais, outre cette acception large qui en fait un simple signe, Augustin donne souvent au mot sacrement un sens plus étroit qui en rapproche la conception de notre conception actuelle. Parmi ces rites sacrés, en effet, le saint docteur en distingue un certain nombre qui ne sont pas seulement des signes d'une réalité spirituelle correspondante, mais dont la collation entraine de plus la production de cette réalité spirituelle d'une façon certaine. Au sacramentum est attachée sa res ou virtus

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