Basil., Homilia XXIV
Quant au Saint-Esprit, saint Basile et saint Grégoire de Nysse lui ont consacré chacun un traité spécial, saint Grégoire de Nazianze a prononcé sur lui son discours xxxi. Par un scrupule tout de politique, et pour ne pas heurter de front les adversaires qu'il voulait ramener, saint Basile, dans son traité De Spiritu Sancto, tout en prouvant d'un bout à l'autre la divinité du Saint-Esprit, a évité de le nommer Dieu^ Mais ailleurs, il est sorti de cette réserve. Bien que le troisième en ordre, le Saint-Esprit, ditil, a la même essence que le Père et le Fils : il doit donc être compté avec eux (ffuvo(pi9[XETa8ai), et non pas au-dessous d'eux (u7Tapi9(jiet(i6ai) ; il doit être honoré avec eux, et non pas comme leur inférieur; il est êjxoouffioç au Père et au Fils; il est Dieu-. Grégoire de Nysse répète cette doctrine de son frère ^; Grégoire de Nazianze la revêt de toutes les grâces de son éloquence. En arrivant à Constantinople, en 379, il avait trouvé, sur la question du Saint-Esprit, tout un chaos d'opinions erronées^. Il ne se dissimule pas les obstacles à vaincre pour les dissiper, et généralement les diflicultés que trouve l'orateur à parler du Saint-Esprit, par suite du silence relatif que l'Ecriture a gardé sur ce sujet. Grégoire explique ce silence par un progrès économique de la révélation. L'Ancien Testament a fait surtout connaître le Père ; le Nouveau a manifesté le Fils, mais n'a parlé du Saint- Esprit qu'obscurément (uTTÉSeiçs). Cet Esprit-Saint qui habite en nous se révèle maintenant lui-même d'une
1. Il en fut blâmé par les orthodoxes rigides, et saint Grégoire de Nazianze dut le justifier {Orat. XLI, 6; XLIII, 68).
2. ^dt). Eunomium, ni, 1; De Spiritu Sancto, 41-47, 58-64, 71-75; E23ist. VIII, 2, 3, 10, 11.
3. Voir son traité i)eSpjri7M Sanclo adv. pneumatomachos, P. G., XLV, iSOl suiv.