‹ Histoire des dogmes (volume 4)Chapitre 62 sur 409 · Grec. Naz., Oratio X, 7; et v. infra · texte numérisé non relu

Grec. Naz., Oratio X, 7; et v. infra

5. Basil., Epist. LU, 2; Grec. Naz., Oralio XXXI, 9, 10, U, 28; XXIX, 2.

6. Grec. Naz., Oratio XXXI, 9; cf. Oratio XXVIII, 31; XXXIX, 11, 12; Basil., Epist. XXXYIII, 4; Grec. Nvss., Oratio catechetica, i.

des semi-ariens et ont frayé avec eux, qui ont voulu les ramener à l'orthodoxie, et qui, pour cela — ils y étaient déjà portés par leur formation théologique — ont infléchi au sens d'ôixoioucrioç rôjxooûffioç primitif. Ils ont fait consacrer sans doute, par le concile de Constantinople de 381, le mot choisi par le concile de Nicée ; mais sous ce mot, c'est au fond la conception de Basile d'Ancyre qui a triomphé. Les Cappadociens, et avec eux l'Église grecque qui les a suivis, sont des semi-ariens qui parlent nicéen^.

A cette façon de voir opposons d'abord une observation générale. Le mystère de la Trinité est le mystère d'un Dieu en trois personnes, d'une nature identique existant en trois hypostases réellement distinctes. La difficulté, ou plutôt l'impossibilité pour nous de comprendre cette unité dans cette pluralité , ou cette pluralité dans cette unité, constitue tout le mystère. Et dès lors, il est inévitable, si l'on pose d'abord l'unité de la substance, qu'on ait de la peine à expliquer ensuite la trinité des personnes et qu'on paraisse la sacrifier, et, au contraire, si l'on pose d'abord la trinité des personnes, qu'on ait ensuite de la peine à expliquer l'unité de substance et qu'on paraisse la sacrifier à son tour. Dans le premier cas, on semble pencher vers le sabellianisme, dans le second cas, vers le trithéisme. Au point de vue qui nous occupe, toute la différence, à partir du iv^ siècle, entre la théologie occidentale et la théologie grecque est là. La première insiste sur l'unité substantielle divine et la pose d'abord. Avant tout,

i. C'est l'opinion formulée par H»n\ACK, Lehrb. der DG., II, 261 suiv. ; LooFs, Leitfaden, 4* édit., p. 2o" suiv. ; Seedeug, Lehrb. der DG., I, p. 187, suiv.; GwATKiN, Studies of Arianism, 2= édit., p. 247, 270. Elle a été réfutée par J. F. Bethl-ne-Bakeh, The meaning of homoousios in the Constantinopolilan Creed (Te-i Is and Studies), Cambridge, 1901. V. aussi G. Rasnel'r, L'homoiousiannme dans ses rapports avec l'or'thodoxie, dans la Revue d'histoire ecclésiastique, l. lY, 4903.

il y a un seul Dieu, une seule substance divine, laquelle subsiste en trois personnes. La formule de Nicée, qui vient en réalité des Latins, consacre cette façon de concevoir le do^me. La théologie grecque, au contraire, influencée par Origène, se préoccupe de sauvegarder la distinction des personnes et les pose d'abord. Il n'y a pas de substance divine concrète, distincte du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et plus ancienne qu'eux : il y a un Père, un Fils et un Saint-Esprit lesquels ont même substance. Existe-t-il, entre ces deux conceptions dogmatiques, une vraie opposition? — Non : toutes deux sont vraies, mais l'une et l'autre ne le sont qu'à la condition de n'être pas exclusives, c'est-à-dire, au fond, de reconnaître le mystère, et de ne verser ni dans le sabellianisme ni dans le trithéisme. Il importe donc assez peu, en définitive, à l'orthodoxie de nos auteurs, qu'ils s'attachent à telle ou telle façon de présenter la doctrine trinitaire, pourvu qu'ils maintiennent énergiquement et l'unité numérique de substance en Dieu, c'est-à-dire l'unité de Dieu ', et la distinction réelle des trois personnes divines. Seulement, il était naturel que les premiers nicéens appuyassent sur la première vérité, compromise par Arius et les eusébiens, et les néonicéens sur la seconde, complément nécessaire delà première et réclamée par les semi-ariens. Cela ne

1. C'est ce que ne faisaient pas les semi-ariens; et s'ils ont pu s'illusionner sur les conséquences de leur système, il est inutile que nous partagions cette illusion : r6(iotQj(Tio; conduit inévitablement au trithéisme. "Oiioio; dénote une ressemblance, non une identité numérique. Si donc le Fils n'est pas, quant à sa substance concrète et à son être intinie en tant que Dieu, ô|;.6; avec le Père, mais seulement ôiioio;, il est clair que la divinité concrète et l'être intime du Fils ne sont pas identiquement la divinité concrète et l'être intime du Père. Le Père et le Fils sont numériquement distincts comme dieux, de même qu'ils le sont comme bypostases : il y a deux dieux. Qu'on se rappelle le passage du document semi-arien reproduit par saint Epiphane, Haer. LXXIII, 17, 18 : Où Ta-jTÔv âè à)^' ôjjioiov Si6ti xô ixvsùjjia 6 iativ à

prouve pas que les uns et les autres aient méconnu la vérité qu'ils rejetaient au second plan, ni que les Cappadociens aient été trithéistes, pas plus qu'Athanase et Eustathe sabelliens.

Car d'ailleurs les Cappadociens, tout comme les premiers nicéens, ont affirmé de toutes leurs forces l'unité numérique de Dieu et l'identité de la substance divine concrète dans les trois personnes de la Trinité. « Ne confesse qu'une seule oùcrta dans les deux (le Père et le Fils), afin de ne point tomber dans le polythéisme' ». « De même que le Père est substance, le Fils substance, substance le Saint-Esprit, et qu'il n'y a pas trois substances, de même le Père est Dieu, le Fils est Dieu, le Saint-Esprit est Dieu, et il n'y a pas trois dieux. Car Dieu est un et le même, puisqu'il n'y a qu'une substance et la même, bien que chacune des personnes soit dite substance subsistante et Dieu^. » Manifestement ici, l'unité numérique de l'eôcrta est donnée comme la condition du monothéisme, et opposée à la distinction des personnes.

Pour saint Basile en particulier, il est bien vrai qu'il a accepté, dans sa lettre ix, 3, rojxotoç xar' oùaïav, à la condition qu'on y ajoute àTrapaXXàxTu);, c'est-à-dire sans aucune différence; mais c'est parce qu'il regardait, dans ce cas, l'expression totale comme équivalant à éjjLoouffio;, auquel il donne d'ailleurs la préférence'. Il a dit également que les personnes humaines, parce qu'elles ont une oùcia (abstraite) commune, sont ô(jlooûaïoi^. Mais il n'entend plus l'ôjAoouaioç de cette unité

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