CiiKYsosT., In Genesim, honi. XV
En quoi consiste précisément cette inspiration? Quand elle atteint son plus haut degré, chez les prophètes par exemple, Théodore de Mopsueste pense qu'elle est un état d'extase dans lequel le prophète, ses sens étant fermés à la terre, reçoit en lui des impressions spirituelles des choses à venir ou cachées. Le prophète traduit ces impressions par les mots voir, entendre^ comme si des tableaux sensibles lui étaient présentés ou des paroles sensibles lui étaient dites, mais d'ailleurs tout se passe dans son intelligence ^ On sait, d'autre part, que le même Théodore n'accordait aux Proverbes et peut-être à l'Ecclésiaste, qu'une inspiration de second ordre, Vesprit de prudence, très différent de l'extase du prophète^. Saint Jean Chrysostome, qui a touché le même sujet, semble parfois représenter l'inspiration comme un envahissement total par le Saint-Esprit des facultés de l'écrivain, envahissement qui réduirait celui-ci à un état purement passif^ ; mais ce n'est pas l'idée qu'il s'en fait d'ordinaire, 11 met précisément cette différence entre la prophétie et la divination païenne, que le devin ou la pythonisse sont passifs et hors d'eux-mêmes, tandis que le prophète reste maître de soi et conscient de ce qu'il annonce''. Il maintient à l'auteur humain, dans la composition des Livres saints, une part qui explique les différences ou même les divergences que présentent ces livres. Théoriquement, saint Chrysostome semble admettre que ces divergences peuvent être réelles bien que légèi'es; pratiquement, il s'efforce de montrer qu'elles ne sont qu'apparentes^.
1. In Nahum, I, ! (P. G., LXVI, 402); In Abdiam, 1 {ibid., 407) ; In Zachariam, l, 9-12 {ib., 507, MO).