Op. cU., XIV
L'AI'OLLhNARISME. 109
un corps sans âme, sans sentiment et sans intelligence (àj/u/^ov, ou8' àvatc6y)Tov ouo' (xvo'titov) : car il n'était pas possible que le Seigneur s'étant fait homme pour nous, son corps fût sans esprit (àvô/iTov), et ce n'est pas seulement le salut du corps, mais aussi celui de l'âme («j'u/ii) que le Verbe a opéré en lui ' ».
Ces deux partis qui s'accusent ainsi mutuellement sont évidemment des représentants de l'école d'Anlioche et des disciples d'Apollinaire. Mais d'Apollinaire lui-même il n'est pas question. Même silence dans la lettre d'Athanase à Epictète, vers 371, et dans les deux livres Contra Apollinarium de 373-377. Malgré les écrits d'Apollinaire, comme sa Lettre à Jovien (vers 363) ou sa Lettre à Sérapion (vers 371), qui ont dû révéler ses sentiments, on ignore ou l'on veut ignorer quil professe, à l'endroit de l'incarnation, des doctrines erronées. Le grand crédit dont il jouit, sa grande réputation de vertu et de science détournent de lui les accusations. Cependant, en 375, des bruits fâcheux circulent sur son disciple Vitalis, prêtre d'Antioche, qui désire entrer dans la communion de l'évêque Paulin. Vitalis vient à Rome pour se justifier auprès de Damase, et présente à celui-ci une profession de foi qui condamne les tendances extrêmes de l'apollinarisme, mais dissimule encore l'essentiel de l'erreur^. Damase y est trompé d'abord, puis, mieux informé, exige, par l'intermédiaire de Paulin, que Vitalis confesse que le Fils de Dieu a pris « corpus, animam, sensum, id est integrum Adam, et, ut expressius dicam, totum veterem nostrum sine peccato hominem^ ». Vitalis s'y refuse, et est sacré par Apollinaire évêque d'Antioche pour ses partisans (376). Timothée, un autre disciple