‹ Histoire des dogmes (volume 4)Chapitre 85 sur 409 · Greg. Nvss., Antirrhet · texte numérisé non relu

Greg. Nvss., Antirrhet

comme au plus proche [par nature] et au plus voisin, et par lui à la chair, [l'esprit] étant ainsi intermédiaire entre la divinité et la matière * . »

Jésus-Christ est donc homme parfait (àvôpwitoç xé- Xsioç) : conséquemment il est sujet, sauf le péché, à toutes nos infirmités, à toutes nos faiblesses, à tous nos besoins. Il a pris xo ô(y.oioiTa9£(; ^ ; il a gardé, suivant l'expression de Didyme, toutes les suites de l'incarnation : TTÏaav Tri; IvavôpwiDidewç àxoÀoi»9i'av tpuXocTTWv^. Saint Athanase, Didyme, saint Cyrille de Jérusalem sont ici d'accord avec saint Chrysostome et les Cappadociens''. Nous ne trouvons pas encore, à cette époque, la tendance à idéaliser l'humanité de Jésus-Christ qui se fera jour plus tard. Mais si Jésus-Christ partage les faiblesses humaines qui sont le fait du corps et de la partie affective de l'âme, partagc-t-il aussi nos faiblesses intellectuelles, et, s'il n'est pas sujet à l'erreur proprement dite, n'est-il pas sujet à l'ignorance en

i. Grec. Naz., Epist. ci, col. 188; cf. Or. I, 83, 42; Grec. Nyss., Antirrhet., 41. Sur l'existence, en Jésus-Christ, d'une àme raisonnable, voir encore Eustathe d'Antioche (P. G., XVIII, 683, 689, 694); Didyme, De trinilate, III, 4, 21, col. 829, 904; Épipiia:se, Ancoratus, 33-35, 76-80. — Une difficulté a été soulevée à propos de saint Athanase que l'on a accusé d'avoir, avant le concile d'Alexandrie de 302, méconnu en Jésus- Clirist la présence d'une âme humaine. Et il est vrai que l'on ne trouve point, dans les œuvies du saint docteur antérieures à cette date, de témoignage explicite sur ce point; mais si l'on remarque que, d'une part, il admet la réalité en Jésus-Christ de toutes les émotions, de tous les sentiments de crainte, de tristesse marqués dans l'évangile, la réalité de sa croissance en grâce et en sagesse, la réalité de son ignorance en tant qu'homme vis-à-vis du jour du jugement, la réalité de sa sanctiQcation par le Saint-Esprit, et que, d'autre part, il repousse absolument le système des ariens qui présentaient le Verbe comme le sujet de ces passions, de cette croissance, de cette Ignorance, de cette sanctification, il faut bien conclure que saint Athanase reconnaissait en Jésus-Christ une âme raisonnable, sujet de ces diverses affections. V. Contra arianos, III, 38-iO; 43; 51-58, et cf. Ad Epictetum, 7.

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