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CHAPITRE VI

LE MONOTHELISME. DEFINITION DE LA DUALITE DES VOLONTÉS ET DES OPÉRATIOjN'S EN jÉSUS-CHRIST

§ 1. — Les débuts du monothélisme jusqu'à la publication de l'Ecthèse (619 638).

On a vu, dans le chapitre précédent, comment le désir de procurer dans l'empire Tunité religieuse avait conduit Justinien à l'affaire des trois chapitres. Un désir semblable allait, pendant soixante ans, soulever dans l'Église une nouvelle querelle, celle du monothélisme. Ce n'est pas que la question d'une ou deux opérations, d'une ou deux volontés dans le Christ fût entièrement nouvelle. On se souvient que, s'appuyantsur saint Cyrille et sur le Pseudo-Aréopagite, Sévère s'était prononcé nettement dans le sens de l'unicité d'opération et de volonté. A Léonce de Byzance, au contraire, la dualité des volontés et des opérations paraissait être une conséquence de la dualité des natures ; et cette opinion avait été celle d'Ephrem d'Antioche^,

1. Sources : Les pièces originales dansMANsi, X, XI, et les Patrologies grecque et laline aux tomes indiqués. Consulter spécialement Hefele- L^Chi.KCQ, H ist. des conciles, Ul, 1. G. Owsepian, Die Entstehungsgeschichte des Monothelismus, Leipzig, 1897. G. Kuleger, Arlic. Monotheleten, dans Realtncyklop. fur protest. Théologie, XIII. j. Paugoire, L'Eglise byzantine de .527 à 847, Paris, 1905. A Chillet, Le monothélisme, exposé et critique ^thése), Brignais, 1911.

-2. P. G., LXXXVl, 2, coL 210o.

LE MONOTHELISME. 16t

du moine Eustathe* et de Jean de Scythopolis-. On parlait déjà de [ii'a Ivspycia et de [xia ÔsXriCic; à Alexandrie, vers l'an 600 ; et le patriarche Eulogius (580-607) avait dû réfuter ces erreurs^. Mais il est probable que, restant dans le domaine théologique, la controverse n'aurait été considérée que comme un incident secondaire de la dispute monophysite. La raison politique vint lui donner tout à coup une ampleur inattendue.

Héraclius avait à défendre l'empire contre les Perses et les Arabes^, et telle était la force des haines confessionnelles dans les provinces où dominaient les monophysites que l'empereur pouvait craindre que les dissidents ne favorisassent les envahisseurs au lieu de les repousser. Il importait donc souverainement de trouver une formule de conciliation sur laquelle orthodoxes et hérétiques pussent s'entendre et sceller, avec la paix religieuse, l'union contre l'ennemi commun. L'empereur crut l'avoir découverte dans la formule de l'unique opération dans le Christ. Un homme, qui lui était dévoué et en qui il avait pleine confiance, lui aiderait, pensait-il, à la faire accepter de tous : c'était le patriarche de Constantinople, Sergius.

Probablement, Sergius y avait déjà pensé de luimême. Une série de conférences et de lettres se succédèrent pour réaliser le plan conçu. Dès 619, Sergius écrit à Georges Arsas, paulianiste d'Alexandrie, pour lui demander de lui envoyer les textes des Pères parlant d'une seule IvspYsia dans le Christ, afin de pouvoir, sur cette formule, conclure lunion des paulianistes

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