‹ Histoire des dogmesChapitre 123 sur 426 · Mansi, XI, 345 E · texte numérisé non relu

Mansi, XI, 345 E

confesse l'unité de volonté, demande simplement que l'on se taise sur l'unité ou la dualité de rivspYsia : et il ne paraît pas avoir nié l'existence, dans l'humanité de Jésus-Christ, de facultés naturelles capables d'agir. Il est probable cependant que plusieurs de ses partisans n'ont pas imité sa réserve ^ C'était, en effet, la doctrine d'Apollinaire, dont le monothélisme procède évidemment, qu'en Jésus-Christ le Verbe est la force, l'énergie, le moteur, tandis que l'humanité ou plutôt le corps est l'élément passif, le mobile, l'organe. Les fragments 107 et 117 de ses œuvres^ sont péremptoires à ce point de vue : ôso; àvaXaêwv opyavov xat ôeoç Ioti xa6o èvspyÊT, xal av6pio7roç xaxot to opyavov. Mévojv Bï ôebç où (jLexaêsêXriTai. "Opyavov xal to xivouv {/.tav TcscpuxEv aTroTeXetv Ty,v Ivepysiav^. Or cette doctrine se retrouve dans Théodore de Pharan : Elvai [j.iav yivuxrxsiv Ivspysiav, TaÙTr,<; Bï T6)(^viry)v xal Sr)[jt,ioupybv ibv 6ebv AoyoV opyavov Bk ttjv dvôpwTroTrjia ■*. La comparaison de l'union des éléments divin et humain dans le Christ avec celle du corps et de Lame en l'homme, que les monothélites pressaient volontiers, conduisait d'ailleurs naturellement à cette conclusion, et beaucoup ont dû n'y pas échapper.

Il est enfin une troisième façon de comprendre en Jésus-Christ l'unité d'opération et de volonté : c'est de considérer tous ses actes comme provenant d'une unique nature mixte, théandrique, dont les actes portaient le même caractère. Des eutychiens ont pu entendre ainsi l'IvspyÊia Oîavopixvi du faux Denys; mais ce n'était pas le cas de la masse des monothélites.

1. C'est l'avis de Petau, De incarnatione, vni, cap. 4-6, et d'A. Cuil- LET, op. cit.

2. Edit. LiF.TZMANN, p. 232, 235. Cf. e deuxième volume de cette histoire, p. 100.

3. Fragra. 117. II fut lu à la onzième session du VI» concile général, Mansi, XI, 449 DE.

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