‹ Histoire des dogmesChapitre 168 sur 426 · Edit. Otto. HI, 2 ; P. G., t. VI · texte numérisé non relu

Edit. Otto. HI, 2 ; P. G., t. VI

crements des hérétiques. Cette incertitude fait que le patriarche d'Antioche, Martyrius (460-470), s'adresse à Constantinople pour avoir une direction sur ce point. La réponse de Constantinople s'est conservée. Elle dit qu'à Constantinople on reçoit comme valide le baptême des ariens, macédoniens, sabbatiens, novatiens, quartodécimans et apollinaristes : ils sont réconciliés par l'onction du chrême ; mais on n'accepte pas leurs ordinations de prêtres, diacres, sous-diacres, chantres et lecteurs : ceux qui les ont reçues sont considérés comme simples laïcs. Quant aux eunomiens, montanistes, sabelliens et tous autres hérétiques, on n'admet même pas leur baptême : ceux qui l'ont reçu sont regardés comme païens ^ .

En somme, à Constantinople, on était plus exigeant pour l'ordination que pour le baptême, puisqu'on y repoussait les ordinations de tous les hérétiques sans exception. Allait-on maintenir cette ligne de conduite vis-à-vis des nouvelles sectes, nestoriennes et monophysites, qui avaient surgi? 11 ne paraît pas qu'on Tait fait d'abord. Les monophysites eux-mêmes, Timothée II d'Alexandrie et Sévère d'Antioche ne la suivent pas à l'égard des dyophysites qui se convertissent ii leur secte 2. Sévère, en particulier, ne veut pas que l'on réconcilie les dyophysites repentants par la con-

1. G. Beveuidoe, Synodicon sive pandectae, etc., Oxford, 1672, II, Annotationes, p. 100; cité par Saltet, op. cit., p. 41.

2. Un schisme se produisit même à cette occasion dans l'église monophysite d'Alexandrie. Quelques exaltés refusèrent de reconnaître les ordinations faites par le catholique Proterius, prédécesseur de Timothée, et repoussèrent la communion de celui-ci. Ces détails fournis par Sévère (Lettres inf. cit.) et par une prétendue lettre de Philoxéne à Abou-Niphir {Revue de l'Orient chrétien, 1903, p. 6-23 et suiv.) sont suivis, dans ce dernier document, d'une théorie de l'auteur (monophysite) sur la valeur des sacrements des hérétiques conforme à celle des dona listes que rafiporte saint Augustin [Contra Cresconium, 11,21). Le bap tême et l'ordination conférés par les hérétiques occultes sont valides, conférés par les hérétiques déclarés sont nuls [Revue citée, p. G29, 630)

lirmation : il juge que même ce sacrement est valide chez les catholiques ^ Plus tard, le patriarche de Constantinople, Jean le Scolastique (565-577), voulut changer cela, et, après avoir admis quelque temps la validité des ordinations monophysites, tenta d'imposer par la force quelques réordinations épiscopales et autres. Sa tentative échoua contre la résistance des victimes et le désaveu de l'empereur-. Au début du vii^ siècle, le prêtre Timothée écrit son De receptione haereticorum^ . Il y divise les hérétiques à réconcilier en trois classes : ceux dont il faut renouveler le baptême, ou plutôt qui ont besoin d'être baptisés; ceux que l'on doit oindre du saint-chrême, c'est-à-dire confirmer ; enfin ceux dont le baptême et la confirmation sont valides, et qui doivent seulement anathématiser leurs erreurs. Parmi les premiers, au milieu d'hérétiques peu connus, il nomme les marcionites. les saccophores etencratites, les sectateurs de Valentin, de Basilide,lesnicolaïtes, les montanistes, les manichéens, les eunomiens, les partisans de Paul de Samosate, de Photin et de Marcel d'Ancyre, les sabelliens, les simoniens et anciens gnostiques, les partisans de Pelage et de Celestius (à qui l'auteur attribue des doctrines manichéennes). — Dans la seconde catégorie, ceux qui doivent être confirmés, sont rangés les quartodécimans, les novatiens ou sabbatiens, les ariens, les macédoniens, les apollinaristes. — Enfin dans la troisième, dont on accepte le baptême et la confirmation, Timothée met les méléciens, les nestoriens, les diverses sectes monophysites, les messaliens et euchytes.

\. E. W. BuooKS, The sixth book of thc sélect letters of Severus, U, p. 180 et suiv.

2. Die Kirchengeschichte des Johannes von Ephesus (édit. J. M, Schoe>- FELDEn, Mimchen, 186-2), p. dit, 83, 8i, citée par Saltet, op. cit., p. 53-

Page 1