Contra Collât., XII, 4 ; VIII
nous ne devons pas nous les attribuer comme une chose qui nous soit propre :
« ... Tu (Deus) vota petentis Quae dari vis tribuis, servans largita creansque De meritis mérita, et cumulans tua dona coronis i. »
Mais alors, Dieu veut-il le salut de tous les hommes? On se rappelle combien, faute d'avoir clairement distingué entre la volonté antécédente et la volonté conséquente de Dieu, la réponse de saint Augustin à cette question est embarrassée. Celle de saint Prosper ne l'est guère moins. Il sent quelle énormité ce serait que de nier absolument que Dieu veuille sauver tous les hommes, et il écrit : « Item qui dicit quod non om nés homines velit Deus salvos fieri sed certum nume rum praedestinatorum durius loquitur quam loquendum est de altitudine immutabilis gratiae Dei, qui et omnes vult salvos fieri et in agnitionem veritatis venire^. » Il écrit encore : « Sincerissime credendum atque profitendum est Deum velle ut omnes homines salvi fiant ^. » Mais dans ce dernier passage même, il suppose qu il y a des exceptions, et que Dieu a, pour les faire, des raisons qui nous échappent. Il admet que la volonté de Dieu se réalise seulement dans les prédestinés dont le nombre est immuablement fixé^. Son enseignement est donc moins net qu'il ne paraît d'abord, et si l'on remarque que, dans le poème De ingratis^, il semble nier en fait la volonté salvifique universelle de Dieu; que, dans sa lettre à Rufm (14), il présente du texte / Timothée, ii, 4 les mêmes explications arbitraires que saint Augustin, on est conduit à
1. De ingr., v. 983 et suiv.; cf. 611 etsuiv.; Contra Collât., XVI, 2.