S. FULG., E2)iSt. XYII
encore : « Rêvera homo salvari non potuit, si vel suceptor hominis naturaliter verus Deus non fuit, vel in Dei veri susceptione aliquid hominis defuit^ »
Un Homme-Dieu était donc nécessaire à notre relèvement. Mais encore était-ce assez que le Verbe s'incarnât? Non : car bien que l'incarnation, suivant une belle pensée de saint Grégoire^, soit par elle-même un sacrifice perpétuel, l'expiation du péché requérait une peine positive chez celui qui venait le détruire et en détruire les suites. Voilà pourquoi « sicut propter redemptionem mundi illum (Christum) decuit nasci, ita et pati oportuit ^ ».
L'Homme-Dieu a donc souffert, mais souffert comme nous représentant et nous contenant tous en lui. Par la seule incarnation, il était déjà d'une certaine manière notre représentant, puisqu'il a pris en lui notre nature ; toutefois il a fait plus en assumant sur lui volontairement la responsabilité de nos péchés, et en se mettant à notre place pour en porter le châtiment. C'est l'idée de la substitution pénale : on la retrouve à chaque pas : « Causam omnium suam fecit (Christus) », dit Cassiodore ''. « Quoniam peccata non habuit Christus) propria, écrit saint Fulgence, portare dignatus est aliéna^ » ; et saint Grégoire : « Poenam culpae nostrae (Christus) sine culpa suscepit^. » Dans ces conditions, Jésus-Christ est justement puni par le Père pour nos fautes : il est, comme nous aurions dû l'être, livré à Satan, c'est-à-dire aux membres de Satan, à Pilate et aux juifs qui le font mourir^. Mais par cette