V. surtout Contra Fabianum, fragm. XXVIII, col
ipsius Verbi propriam factam, per quam peccatorum remissio et aeternae vitae dona p^aestantur^ » C'est un procédé qui se rencontre fréquemment dans les textes liturgiques de cette époque, à quelque rite d'ailleurs qu'ils appartiennent. En même temps qu'il y est question de manger, de recevoir le corps, de boire le sang de Jésus -Christ, il y est question de cibus, panis, rnensa caelestisy de spiritales epulae, de poculum spiritale'-^, autant d'expressions qui n'effacent pas les précédentes, mais qui mettent en évidence le caractère suprasensible de l'aliment divin dont il est question.
Mais le iv® siècle n'avait pas affirmé seulement la présence réelle : il avait enseigné, par la bouche de saint Ambroise et de l'auteur du De sacramentis, que cette présence est obtenue par la conversion du pain et du vin au corps et au sang de Jésus-Christ. Cet enseignement est aussi continué. Il l'est comme un point acquis en quelque sorte, sans explications ni discussions, impliqué dans des formules courantes. En Espagne, on prie Dieu de conformer les ohlata au corps et au sang du Seigneur plena transformatione'^ . En France, on demande que le pain soit changé au corps, et le calice au sang du Christ [translata friige in corpore, calice in cruore) ; on parle de panem mutatuni in carne, poculiun çersum in sanguine'* \ et saint Germain de Paris (f 575-577) explique que « panis in corpore et vinum transformatur in sanguine dicente Domino de corpore suo : Caro enim mea vere est cibus^