LOOFS, iG8; P. G., LXXVII, 4i, Epist. III
3. LooFS, 173 et suiv. ; P. G., LXXVII, 49 et suiv., Epist. V.
LE NESTORIANISME. 37
antiochien, successeur de saint Chrysostome, vis-à-vis d'un alexandrin, neveu de Théophile'. Mais une fois faite cette constatation, l'embarras restait grand. Se séparer de la communion de Nestorius ne remédiait pas au mal. Cyrille, d'ailleurs, ne pouvait songer à le juger et le déposer avec ses seuls évêques égyptiens. Nestorius était patriarche de la ville impériale, soutenu par la cour, et le patriarche d'Antioche, son ancien condisciple, n'était pas contre lui pour les voies d'autorité et de rigueur^. Un seul moyen s'offrait de résoudre la difficulté. D'une part, dénoncer le péril à la cour et s'efforcer de détacher de Nestorius Théodose II et les princesses, femme et sœur de Théodose : de l'autre recourir à Rome et obtenir de l'occident l'appui moral dont on avait besoin pour contrebalancer l'influence de la cour et des orientaux. Grâce à cet appui, Athanase avait pu tenir en échec toute l'armée des ariens, occupant les plus grands sièges. Cyrille allait renouveler cette tactique, non plus cette fois pour se défendre, mais pour attaquer.
Il consacra, pense-t-on, les derniers mois de l'année 429 et les premiers de l'année 430 à composer les deux traités De recta fide ad Theodosium et De recta fide ad reginas lihri IL Ce ne fut qu'au milieu de l'an 430 que Cyrille écrivit au pape.
1. On comprendrait imparfaitement, eu effet, la « tragédie de Nestorius », si l'on ne tenait compte, en même temps que des divergences doctrinales, de l'antipathie violente qui divisait les deux partis en présence. A Alexandrie, on avait été profondément blessé du décret du concile de 381, qui avait dépossédé le siège de saint Athanase de sa prérogative de premier siège de l'Orient, pour l'attribuer à celui de Constantinople. A Constantinople et à Antioche,on se rappelait l'inique traitement dont saint Chrysostome avait été l'objet de la part de Théophile, l'oncle de Cyrille. Chaque parti avait, contre l'autre, des humiliations ou des injures à venger; et cette circonstance ne contribua pas peu à rendre impossible, dès le principe, une discussion sereine et amicale des questions posées.