Maksi, XIII
d'une colombe: et qu'en conséquence, il détruisait les images des anges, et cachait dans des lieux obscurs celles du Christ.
Ces reproches adressés à Philoxène sont étendus par le VIP concile général à Sévère, à Pierre le Foulon, et généralement à tous les acéphales ^ C'est qu'il y avait en effet un lien entre le monophysisme et l'iconoclasme. On se rappelle que la raison apportée par Eusèbe de Césarée, pour déclarer impossible la représentation de l'humanité glorifiée de Jésus-Christ, est que cette humanité est transformée, divinisée : elle est àXrjTTTo; -. Pour les monophysites stricts, c'est-à-dire pour les eutychiens et tous ceux qui admettaient en Jésus-Christ une transformation ou absorption de l'humanité en la divinité, il est clair que cette raison valait aussi bien pour l'humanité avant la résurrection. Pour les monophysites moins stricts, pour les sévériens, tracer l'image de Jésus-Christ, c'était toujours séparer en lui l'humain du divin, distinguer deux natures, ce qui n'était point permis. Un des arguments que firent valoir les iconoclastes pour défendre leur opinion fut précisément cette impossibilité de séparer en Jésus-Christ le borné et le circonscrit de l'infini et de l'illimité. Si on prétend ne peindre que l'humanité, disaient-ils, on divise le Christ, et on est nestorien : on fait le Christ aôiwTov : si on prétend représenter à la fois les deux natures, on les confond et on est eutychien; mais de plus on enferme l'incirconscriptible
i. Mansi, xni, 317, 253. Une lettre écrite en oJ8 par le clergé d'Antioche au patriarche Jean II de Constantinople, et iusérée dans les actes du concile de Constantinople de 536. action cinquième, accuse Sévère d'avoir enlevé et de s'être approprié les colombes d'or et d'argent représentant le Saint-Esprit, suspendues au-dessus des baptistères et des autels, sous prétexte que l'on ne devait point représenter ainsi l'Esprit- Saint (Mansi, VIII, 1039).