P. L., LXXXVII
4. BEDE, Hist. eccles., IV, 17 (P. L., XCV, 199). Le piquant est que le concile était présidé par l'archevêque de Cantorbéry, Théodore, l'ancien moine grec de Tarse.
teatur ^ » Le roi faisait grief au patriarche de Constantinople, Tarasius, de n'avoir pas, dans la profession de foi lue par lui au VIP concile ^, confessé la procession du Saint-Esprit ex Paire etFilio, comme le dit le symbole deNicée. C'est donc qu'à ce moment, c'est-àdire en 794, le symbole de Nicée — entendez de Nicée- Constantinople — se récitait à la cour du roi avec l'addition espagnole. Était-il chanté déjà à la messe? Le témoignage précédent ne le dit pas ; mais comme nous savons sûrement qu'il l'était en l'an 808, on peut croire raisonnablement que Charlemagne avait adopté au même moment et l'addition au symbole et le chant du symbole à la messe. Cette dernière circonstance est d'ailleurs secondaire.
L'addition du Filioque au symbole de Constantinople prenait donc pied en France en 794. Deux ou trois ans après, en 796 ou 797, elle était officiellement reçue dans la Haute-Italie par un concile de Forumiulii (Frioul), présidé par Paulin d'Aquilée^. La question y fut clairement et expressément posée et résolue. Paulin, dans son discours inaugural, avoua que les anciens conciles avaient défendu que l'on composât de nouveaux symboles de la foi. Mais, ajoutat-il, ce n'était pas en composer de nouveaux que de commenter et d'expliquer les anciens, comme avaient fait les Pères de Constantinople pour le symbole de Nicée. On pouvait donc, sans changer le symbole de Constantinople, y ajouter l'explication du Filioque. Paulin approuve cette addition devenue nécessaire (( propter eos videlicet haereticos qui susurrant Spiritum sanctum solius esse Patris et a solo procedere Pâtre »(vii). Il en justifie la doctrine par l'Ecriture et