Ibid
10. C'est la Confessio fidei Felicis (M.wsi, XIII, 1035-1040; P. L., XCVl,
entre les mains de Leidrade pour être gardé et surveillé à Lyon. Il parut extérieurement être sincère dans son retour, et rien n'aurait fait douter de sa persévérance dans la bonne voie, si le successeur de Leidrade, Agobard, n'avait trouvé, après la mort de Félix (813), un mémoire laissé par lui, et où il rétractait ses rétractations mêmes ^ Agobard ne crut pas que cet écrit dût rester sans réponse , et composa, pour le réfuter, son Liber ads>ersum dogma Felicis Urgellensis^ , qui demeure encore une source importante pour la connaissance de l'adoptianisme.
La disparition de Félix d'Urgel enlevait à l'erreur son meilleur soutien. Elipand sans doute résistait toujours, et ni les avances charitables ni les bonnes raisons d'Alcuin ne purent vaincre son obstination^. Mais il se vit bientôt comme un général sans soldats. Une mission de Leidrade, de Nefridius et de saint Benoît d'Aniane en Espagne, en 799, réussit au delà de toute espérance, et dès l'année suivante (800), Alcuin pouvait annoncer à lévêque de Salzbourg, Arno, la conversion de vingt mille dissidents du clergé et du peuple^. Ce fut pratiquement la fm de l'adoptianisme.
Il ne disparut cependant pas immédiatement de l'Espagne, et il conservait encore, au milieu du ix^ siècle, quelques défenseurs^. Mais la vigueur et la décision
88-2-888). Félix y disait : « Non alius Dei Filius etalius hominis filius, sed Deus et homo, unicus Dei Patris verus ac proprius Filius, non adoptione, non appellatione [seu] nuncupatione, sed in utraque natura, ut dictum est, unus Dei Patris, secundum apostolum, verus ac proprius Dei Filius credatur . (P. L., col. 884).