‹ Histoire des dogmesChapitre 94 sur 426 · Loc. cit., col · texte numérisé non relu

Loc. cit., col

connu les besoins et les faiblesses de l'humanité, il avait donc aussi été sujet à l'ignorance de certaines choses. Timothée nia la conclusion, et un schisme s'ensuivit. Themistius se sépara du patriarche et fonda — vers 540 d'après l'auteur du De sectis — le parti desagnoètes, ayvorjTaiou àyvoiTai, comme on les appela. Leur doctrine était des plus simples : Jésus-Christ, en tant qu'homme, disaient-ils, a partagé notre ignorance : aYvosîv xb àvôpojTTivov tou Xpiffrou'' — aYVOsTv tov XpiffTOv ou xaOo ÔÊOÇ U7rr!p/€v atotoç, àXXà xaOo yiyo-^zv xara àX-/-6£iav avôp(o7ro;-. Et ils appuyaient leur affirmation d'abord sur certains textes de l'Ecriture [Marc, XIII, 32; loan., xi, 34), puis sur cette considération que Jésus-Christ, dans son humanité, nous était consubstantiel et en tout semblable hormis le péché.

Bien que cette opinion, comme le remarque l'auteur du De sectis, eût été soutenue dans sa teneur générale par plusieurs Pères, elle fut considérée à ce moment comme une erreur, et condamnée à la fois par les monophysites et les orthodoxes -^ Théodose II d'Alexandrie (532-538) écrivit contre elle ^^ et Photius'* donne l'analyse d'un ouvrage dEulogius, patriarche orthodoxe d" Alexandrie (580-607), également dirigé contre la secte. Eulogius y explique que les textes scripturaires allégués par les agnoètes pour établir l'ignorance du Sauveur doivent s'entendre d'une ignorance économique ou même anaphorique (xatà àvx'fopav), Jésus parlant dans ces textes non en son

Page 1