DE BOUFFLERS
d'Harcourt, maréchal de France.
Cependant le roi s'affaiblissait, et à mesure qu'il s'avançait vers la tombe il s'intéressait de plus en plus à ses enfants naturels. Déjà il les avait mariés à des princes ou princesses de sa famille; le duc du Maine et le comte de Toulouse, tous deux enfants de M'"ede Montespan et nés d'un double adultère, avaient obtenu le pas sur les princes étrangers naturalisés cl sur les pairs. Louis XIV fit plus encore. Par un éclit du 2 août 1714, il les déclara aptes à succéder à la couronne de France, à défaut de princes du sang, et leur en conféra tous les droits et privilèges. C'était le renversement de toutes les lois du royaume (1). Le duc d'Uzès assista à la séance du Parlement dans lequel ces édits furent enregistrés (2). Il n'y eut pas d'opposition, mais ce corps, les princes du sang, la plupart des ducs et pairs et presque toute la nation semblaient en appeler à un autre règne.
On savait que le roi avait fait un testament, et les édits dont je viens de parler en faisaient pressentir l'intention. Le roi voyait des dangers à une régence du due d'Orléans, et ne pouvant l'exclure du conseil, il essaya, en effet, par son testament, de réduire son influence à un l'ôle presque passif, mais il pressentait que ses dernières volontés ne seraient pas plus respectées que ne l'avaient été celles de son père. Il termina sa carrière le 1er septembre 1715.
Il avait vécu soixante-dix sept ans, après un règne qui en avait duré soixante-douze, le plus long coi unie le plus grand de notre histoire (3).
Louis XIV avait été la personnification suprême de la monarchie. Aussi il est et restera le Roi, le type royal
(1) Le proverbe : « Le roi ne fait 'les princes du sang qu'avec la reine, » exprimait fort nettement le droit monarchique.
(2) Journal de la Rrgcr.cc, tome i. page 503.
(3) Histoire d'Henri Martin, tome xiv, page 615.
pour les nations étrangères comme pour la France (1).
Le duc d'Uzès assista aux obsèques de Louis XIV. Il fut chargé, comme premier duc et pair de France, de porter la couronne ; le duc de Luynes portait le sceptre et le duc de Brissac la main de justice. Ces trois ducs, étaient dans les hautes chaires du même côté que les princes du deuil (2).
Louis XV, arrière petit fils de Louis XIV n'avait que cinq ans. Le Parlement, comme pour se venger de la longue contrainte où l'avait tenu le feu roi, se hâta de casser son testament et conféra la régence avec un pouvoir sans limites, au duc d'Orléans. Le 12 septembre le régent amena le jeune roi au Parlement pour enregistrer ce qui avait été décidé. Louis XV y tint un lit de justice. A ses pieds était le duc de Tresmes, gouverneur de Paris, puis à droite et à gauche, le maréchal de Villeroi et la duchesse de Ventadour. A droite du roi, aux hauts sièges, étaient le duc d'Orléans, régent, le duc de Bourbon, le comte de Charolais, le prince de Conti,le duc du Maine, le prince de Dombes et le comte de Toulouse.
A gauche, les six pairs ecclésiastiques. Sur d'autres bancs les ducs qui suivent : les ducs d'Uzès, de la Tré moïlle, de Montbazon, de Sully, de Saint-Simon, de La Rochefoucauld, de la Force, de Rohan, d'Albret, de Pinez-Luxembourg, d'Estrées, de Gramont, de La Mailleraye, de Mortemart, de Noailles, d'Aumont, de Charost, de Villars, d'Harcourt, de Fitz-James, de Berwick, d'Antin, de Chaulnes, de Rohan-Rohau.
Lu des premiers actes du régent fut, ainsi qu'il l'avait du reste promis, de rendiv au Parlement le droit de
(1) Histoire d'Henri Martin, t. xiv, p. 615.
(2) Mémoires de Saint-Simon, tome xm, page 342, Wideville, page 53.
remontrance. Ce droit donna beaucoup plus d'importance au Parlement, qui chercha de plus en plus à augmenter ses prérogatives, surtout vis à vis des pairs. Il émit même la prétention de les juger. Ainsi, en 1710, et le 17 février, un duel eut lieu à la suite d'une querelle au bal, entre le comte de Gacé, depuis comte de Chas tillon, et le duc de Richelieu. Gacé fut légèrement blessé, tandis que le duc de Richelieu reçut un coup d'épée qui le traversa de part en part.
Le Parlement voulut les juger malgré les deux titres de duc et pair de Richelieu.
Devant cette prétention, l'archevêque de Reims, les évêques de Laon et de Langres, pairs ecclésiastiques, les ducs d'Uzès, de Sully, de la Force, de Charost, de Chaulnes, de Saint-Simon, de Luxembourg, de Tresmes etd'Antin, chargés de la procuration des pairs, présentèrent une requête au roi contre la demande du Parlement qu'ils qualifièrent d'usurpation. « Ce n'est pas. disaient ils au roi, aux honneurs extérieurs attachés à la pairie, à la décence d'un salut, à l'ordre des séances, ni au droit d'opiner, que se bornent les entreprises du Parlement ; il attaque jusqu'à l'essence de la Pairie, en voulant juger les pairs. »
Par simple lettre de cachet, le régent fit mettre les deux duellistes à la Bastille, et le Parlement, pour sortir d'embarras, déclara qu'il n'y avait pas preuve suffisante contr ' eux, et ils furent absouts. Richelieu et Gacé s'embrassèrent et sortirent de la Bastille (1).
On revint bientôt sur l'affaire du bonnet qui avait été engagée, ainsi que nous l'avons vu dans les derniers temps de Louis XIV.
Les ducs et pairs prétendaient que lorsqu'ils siégaient au Parlement le premier président leur.ôtàt son bonnet
(l) Mémoires de Richelieu, tomi
en prenant loin' avis ; ils voulaient aussi recouvrer leur ancienne prérogative d'opiner avant les présidents à mortier. La lutte fut très chaude et Saint-Simon fut l'Achille de cet épisode qui ravivait la vieille rivalité entre la robe magistrale et l'épée féodale. Les ducs et pairs étaient tellement exaspérés qu'ils projetèrent de se transporter au Palais et d'y imposer leurs prétentions l'épée k la main.
Le régent arrêta l'explosion en faisant droit à la requête des ducs par arrêt du conseil du 21 mai 17 16 ; mais le Parlement se déchaîna à son tour, de telle sorte que le régent révoqua l'arrêt et renvoya la décision du procès à la majorité du roi.
Cette querelle fut suivie d'un débat plus grave : les princes de la maison de Condé présentèrent requête au conseil le 22 août 1716 pour qu'on enlevât aux fils légitimés du feu roi les droits de successibilité au trône et les prérogatives des princes du sang qui leur avaient été indûment accordés. Les ducs et pairs, toujours en quête de faire corps, intervinrent pour demander que si les légitimés perdaient le rang de princes du sang on leur enlevât aussi la préséance sur les autres pairs et qu'on leur fit prendre rang suivant la date de leurs pairies.
Le duc du Maine, par faiblesse de caractère, et son frère, le comte de Toulouse, par une espèce d'indifférence philosophique, se fussent laissés abattre sans beaucoup de résistance, mais la duchesse du Maine soutint vaillamment le choc. Cette étrange personne qui dans un corps de naine, avait un esprit d'une vivacité et d'une turbulence infatigables, quitta ses divertissements de Sceaux où elle trônait au milieu ('es beaux esprits pour se lancer à corps perdu dans la polémiqué à la tête d'un bataillon de jurisconsultes et d'érudils. Elle sut trouver des alliés et susciter la jalousie de
la noblesse non titrée contre les ducs. Nombre de gentilshommes, dans de bruyantes réunions, signèrent un mémoire contre la prétention des ducs et pairs à f lire un corps séparé de la noblesse.
Le régent, inquiet, défendit à la noblesse de tabler et de rédiger des actes collectifs. Plusieurs gentilshommes protestèrent. Six don principaux meneurs furent embastillés durant quelques semaines. Le parlement s'abstint de prononcer sur ces contestations. Le conseil de régence passa outre aux protestations, révoqua les édits de Louis XIV en faveur des légitimés, mais leur laissa seulement à vie les honneurs des princes du sang.
A cette nouvelle la duchesse du Maine s'écria que lorsqu'on avait été déclaré habile à succéder au trône, il fallait, plutôt que de se laisser arracher ce droit, met- Ire le feu au milieu et aux quatre coins du royaume (1). Elle fit de son mieux pour tenir parole et conspira avec Cellamare, ambassadeur d'Espagne, contre la France.
Plus tard, une autre affaire vint raviver la querelle entre le parlement et les pairs.
Le duc de la Force était accusé d'avoir trempé dans les agissements de Law (2). Le duc ne voulut pas quitter son épée durant l'interrogatoire. Plus tard il voulut
(1) Saint-Simon, tome xiv, page G51.
(2) On connaît le système financier de Law qui eut pour résultat de gramle3 perturbations dans les fortunes et à l'occasion duquel on chantait le couplet suivant :
Lundi j'achetai des actions Mardi je gagnai des millions Mercredi j'ornai mon ménage Et jeudi je pris équipage Vendredi je m'en fus au bal Et samedi à L'hôpital.
Vers cette époque on découvrit une pièce île monnaie en or datant du
pailer, alors que les gens du roi avaient la parole. Les pairs se réunirent chez le cardinal de Mailly. On rédigea un mémoire intitulé : « Les Pairs de France » .
Les ducs d'Uzès et de Mailly allèrent la porter à son altesse royale (1). Mais le régent quoique fort ennuyé de voir la discorde régner entre les pairs et le Parlement, ne fit rien pour la faire cesser. Il s'occupait d'ailleurs plus de ses plaisirs que des affaires de l'Etat. Dans des orgies célèbres, sous le nom de Soupers du Régent, « on buvait, dit Saint-Simon, on s'échauffait à dire des ordures et des impiétés-à qui mieux mieux, et quand on avait bien fait du bruit on allait se coucher pour recommencer le lendemain ».
Pendant qu'on s'amusait ainsi au Palais royal, un terrible fléau, connu dans l'histoire sous le nom de Peste de Marsedle, se déchaînait sur le Midi de la France. On ignore le nombre de ses victimes ; mais les quatre villes de Marseille, Toulon, Aix et Arles perdirent seules 79,000 de leurs habitants. Mgr de Belzunce, évoque de Marseille, le chevalier Rose et les échevins Estelle et Moustier s'immortalisèrent par le dévouement le plus héroïque au milieu de cette affreuse calamité.
vi<! siècle frappée à Uzès, qui avait depuis de longs siècles le droit do battre monnaie.
Cette pièce représente une tète de ici surmontée d'une petite croix, au-dessous un javelot et un petit bâton ou sce itrc entouré d'un ruban et pour légende VGECIB GIT, qui signifie à la ville d'Uzès, GIT étant l'abrégé de CIVITATf. Don Vaissette pense qu'elle représente Tliéodebert Ier, petit-fils de Glovis qui, outre l'Australie, possédait une étendue de pays dans lesquels Uzès élait compris. Tout récemmenl on a trouvé dans le domaine du comte de Geoflïe de Ghabrignac une pièce d'or de l'empereur Charlemagne, frappée à Uzè3 et que possède actuellement le musée d'Avignon.
(I) Mémoires sur l'histoire de France, tome lxx.
Mémoires du maréchal de Villars, page 7i.
On avait établi à Paris un cordon sanitaire pour empêcher les gens du Midi, sous peine de mort, d'y pénétrer. Un de nos compatriotes faillit, à cette occasion, perdre la vie sans la bienveillante intervention du duc d'Uzès.
Voici en effet ce qu'on lit dans le manuscrit de M. Siméon Abauzit sur notre ville :
« Un des négociants d'Uzès, des plus riches de cette époque, delà famille des Chapelier, aujourd'hui éteinte, était forcé de se rendre à Paris en 1720, au moment où l'on avait établi des cordons sanitaires qu'il était défendu de passer sous peine de mort à cause de la terrible peste qui ravageait alors la ville de Marseille et dont les symptômes se manifestaient dans le Comtat et dans le Languedoc. Chapelier eut l'imprudence de franchir le cordon et l'imprudence encore plus grande de le dire le soir de son arrivée dans l'hôtel où il logeait. Il fut réveillé à minuit par des coups répétés à la porte de sa chambre et par des ordres d'ouvrir de la part du roi. Il obéit bien vite et fut de suite sommé, par une troupe d'agents de police, d'avoir à s'habiller et de les suivre. On le plaça dans une voiture dans laquelle monta le chef de l'escouade.
» Le pauvre diable, à travers ses larmes et ses sanglots, demanda à l'alguasil de quoi il était accusé et où on le conduisait?— A la Bastille, lui répondit-on. où vous serez fusillé ou pendu demain pour avoir dépassé le cordon et risqué d'apporter la peste dans Paris, à moins que vous ne soyez puissamment protégé ; vous me paraissez un honnête homme, votre triste sort m'intéresse. Si vous connaissez quelque grand personnage, hàtez-vous de réclamer ses bons otTices, je me charge de l'avertir après vous avoir déposé à la Bastille.
» M. Chapelier lui dit qu'il connaissait M. le duc dTzès qui l'honorait de sa bienveillance, lui remit une lettre dont on l'avait chargé pour ce seigneur, et le supplia de
se hâter de la lui apporter et de lui raconter sa triste aventure. Heureusement pour lui l'agent de police se trouva un homme sensible et serviable ; il se rendit de suite à l'hôtel d'Uzès où il trouva le duo qui n'était pas encore couché. Il fit mettre de suite ses chevaux à son carosse et alla trouver le lieutenant-général de police dont il obtint la grâce de Chapelier, mais à condition qu'il repartirait le lendemain matin pour Uzès dans une chaise de poste, ayant avec lui un agent de police qui ne le perdrait pas de vue, dont il payerait les frais de voyage aller et retour, et auquel il donnerait une gratification de 600 livres.
» Grâce au caractère bon et obligeant du duc Jean- Charles, qui fournit à Chapelier une chaise de poste et de l'argent, le pauvre Uzétien revint chez lui sain et sauf et se promit bien de ne plus retourner à Paris ».
Vers cette époque, plusieurs différends étaient survenus à Uzès entre les officiers du roi, ceux du duc et ceux de l'évèque. La justice, en effet, indépendamment de celle des consuls, appartenait à trois seigneurs, au roi pour un quart, au duc pour la moitié et à l'évèque pour un autre quart.
Cette multiplicité de juridiction était préjudiciable au public et pour y remédier en partie, le duc d'Uzès forma le dessein d'acquérir la portion du roi, et en môme temps le château royal (aujourd'hui les prisons), château qui avait appartenu à une branche de la maison d'Uzès, antérieurement à la vente qui en fut faite au roi Charles VJH, en H93.
Pour parvenir à cette acquisition, le duc d'Uzès proposa un échange, par un placet qu'il présenta à S. A. 11. M*r le duc d'Orléans, régent du royaume, et il offrit en
coLilL''échange la terre de Lévis, première baronnie du Ohastellet (1).
M&r le duc d'Orléans ayant examiné et fait examiner cjtte proposition, il fut rendu un arrêt du conseil, le 29 mars 1721, portant qu'il serait passé un contrai à C3 sujet entre Sa Majesté et le duc d'Uzès. Ce contrat eut lieu peu après et en échange de la baronnie de Lévis qui contenait aussi les bois des maréchaux et de I Srussol, le roi céda au duc tout le domaine qu'il possédait à Uzès avec sa haute, moyenne et basse justice, telle qu'elle appartenait à Sa Majesté, ainsi que Saint-Jean-de- Maruéjols, et diverses autres paroisses, terres et biens dépendant de la claverie d'Uzès et pays d'Uzège, pour y être la justice exercée par les officiers du duc, comme celle qui appartenait à son duché. De plus, toutes les affaires d'Uzès et pays d'Uzège devaient être portées en appel non plus au présidial de Nimes, mais directement au parlement de Toulouse. Le roi, toutefois, s'engageait à indemniser les officiers du présidial de Nimes du préjudice qui leur était occasionné.
Par suite de cet échange, voici les noms des villes et villages qui étaient de la mouvance du duc d'Uzès (2 . Le nombre s'en élevait à 143.
(l) Colle Ici'i'c de Lévis avait été apportée à la maison do Crussol par ]o mariage do Jeanne de Lévis avec Jacques de Crussol en 11"..
Invention de la maison de C4t'ussol d'Uzès,
Elle était située entre Montfort et Chevreuse, près le parc 1 \ sailles vt près le village de Trap]
(i) Voir Archives ducales.
Lors de l'échange, Gaspard [gnace de Cluny, élail juge royal de la \ illo o! vigueric d'Uzès.
La justice ducale lui exercée comme celle du roi, par quatre officiers, un vigiier, un juge, un lieutenant de viguerie, un lieutenant de unprocureur fiscal, un g effier.
Uzès.
Sagriès.
Saint-Firmin.
Arpaillargu.es.
Aureillac.
Bourdic.
Aubussargues.
Garrigues.
Sainte-Anastasie.
Saintes-Oules.
Colloi'gues.
Saint-Dézéry.
Valence.
Castelnau.
Moussac.
Brignon.
Sauzet.
Saint-Geniès-de-MalgoirèS".
LaRouvière.
La Calmette.
Dions.
Gajan.
Montignargues.
Nozières.
Boucoiran.
C ruviers-Lascours .
St-Maurice-de-Cazevieille.
Foissac.
Serviers.
Montaren.
La Baume.
Saint-Médiers.
Belvezet.
Aigaïiers.
Barron.
Euzet.
Seynes.
Vallerargues.
Bouquet.
Lussan.
St-Just-et-Vacquières.
St-Jean-de-Cerrargues.
St-Hippolyte de-Catori.
Martignargues.
Ners.
Saint-Etienne-de-1'Olm.
Deaux.
Brouzet.
Lesplan.
Navacelles.
Servas et les Sorbières.
Salindres.
Fons-sur-Lussan.
Montclas.
Issirac.
St-André-de-Rocraepertuis.
Orgnac.
Legan.
Cornillon.
Goudargues.
St-André-d'Olérargues.
Verfeaiil.
St-Marcel-de-Careiret.
St-Laurent-de-Lavernède.
Fontarèches.
La Bruguière.
Saint-Quentin.
La Bastide-d'Engras.
Pougnadoresse.
Le Pin.
Saint-Pons-la-Calm.
Masmolène.
La Oapelle.
Valabris.
Saint-Victor-des-Oules.
Saint-Siffret.
St-Hippolyte-de-Montaigu
Flaux.
Vers.
Saint-Maximin.
Collias.
Argilliers.
Sanilhac.
Blauzac.
Allègre.
Auzon.
Boisson.
Tharaux.
Rochegude.
Saint-Denys.
Potellières.
Saint- Victor-de-Malcap.
Saint-Victor-de-Saint-Mar
Saint-Ambroix.
St-Jullien-de-Cassagnas.
Saint- Jean-de-Ceirargues.
Rousson.
Génolhac.
Concoules.
Villefort.
Euzet.
tin
Salus-et-Poucharesse.
Malons.
Saint- Vie tor-de-( taunières.
Saint- André-de-( 'apcèse.
Ponteils.
Bonnevaux.
Bresis.
Hiverne.
Aujac.
( iharanas.
Robiac.
Peyremale.
Sénéchas.
Le Mas-Veri el Valanches.
Montalet-et-Meyrannes.
Castillon-de-< ragnières.
Saint-Brès.
Les Vans.
Berias.
Ohaudoulas.
Bec de Seine.
( 'hassagnes.
Nanes 1 1).
Peu après cet échange, un acte d'inféodation, reçu Me Galafrès, notaire royal, fut passé par le dur d'1 en faveur de la ville de la directe, emportant droit de Iode sur certaines de ses maisons. Kl à cette occasion, les consuls d'Uzès vinrent au château ducal pour rendre au nom de la ville, foi et hommage à M^le duc d'I et étant devant Monseigneur, tries nues, à geno les mains jouîtes dans les siennes. Us lui prêtèrent le serment habituel de fidélité sur les saints Évangiles,
(1) Arch. duc, LayeUe, page 10. Dictionnaire topographique du département du dard, par Germer-Durand.
et promirent , pour la dite communauté, d'être bons et fidèles vassaux de M'jr le duc d' Usés.
Mais la plupart des personnages (1) que l'exécution de cet échange pouvait intéresser, firent éclater leurs plaintes, notamment les officiers du présidial de Nimes, et surtout l'évoque d'Uzès, qui était alors Wv Poucet de la Rivière.
Les officiers du présidial de Nimes furent bientôt déboutés de leurs réclamotions ; mais l'évoque souleva mille difficultés et excita contre le duc le chapitre de la cathédrale.
Non seulement l'évêque prétendit, malgré la décision du Parlement de Paris, que le duc d'Uzès lui devait foi et hommage pour son duché-pairie, et qu'il avait toujours le droit de joindre à sa qualité d'évôque celte de comte d'Uzès, mais encore il souleva ou fit soulever par son chapitre les difficultés suivantes:
Difficulté au sujet du droit d'entrée des officiers du duc (T Usés aux assiettes.
En Languedoc, les impositions étaient réglées chaque année aux états de la province ; mais comme la répartition se faisait ensuite par diocèse, il se tenait tous les ans, après les états, dans chaque diocèse, une assemblée que l'on appelait assiette. Il y avait toujours dans cette assemblée un officier de justice. C'était l'officier royal, et à défaut l'officier du seigneur du lieu où se tenait l'assemblée.
Un arrêt rendu par le roi eu son conseil du 16 décembre 1724, décida que l'officier de la justice du duc assisterait durant trois années consécutives à l'assiette, et
(1) Parmi eux le M"is de Fournès, ainsi que le constate une lettre en date du 15 janvier 1714, adressée par le duc d'Uzès à M. David Harfçeton, célèbre avocat au parlement de Paris, et qui m'a été communiquée par .M. Falguérolles, membre de l'Académie de Nimes.
celui de l'évoque la quatrième année, et ainsi de suite, dans le même ordre (1).
Difficulté pour un service funèbre à faire chaque année à la cathédrale.
Le7janvier 1302, par un traité passé entre Bermond, seigneur 'd'Uzès, et le prévôt du chapitre, les chanoines s'obligèrent à célébrer annuellement et à perpétuité, dans l'église cathédrale, une messe pour le repos de l'âme des ancêtres du dit Bermond, qui sont aussi ceux de M. le duc actuel.
Le chapitre s'y étant refusé, fut condamné, par une sentence du registre de L'hôtel, à continuer à faire célébrer ce service (2).
Difficulté pour le banc ducal.
Ainsi que je l'ai déjà dit, la justice de IVntière ville d'Uzès, avant l'échange, était indivise entre le roi qui en avait un quart, le duc la moitié, et L'évêque l'autre quart, et à cause de cette justice, les officiers du roi avaient un banc dans l'église cathédrale. Le duc fit mettre ses officiers dans le banc du roi, devenu banc ducal. Il avait vingt-deux panSj avec dossier, siège et accoudoir.il était revêtu d'un drap écarlate, avec des écussons de distance en distance, brodés aux armes du duc. Sur la contestation de l'évêque, le conseil du roi, le 12 février 1722, décida que les officiers du duc auraient le banc qui auparavant était occupé par les officiera royaux.
Malgré cet arrêt, l'évêque, pour empêcher que les officiers du duc gardassent ce banc, soutint que la justice sur le sol de l'Eglise appartenait au chapitre. L'affaire fut portée au parlement de Taris, et la grand' chambre décida qu'en attendant lejugemenl de la con-
(i) Archives ducales. Recueil de requêtes, pages 1 et 5. (2) Archives ducales. Layette 22, liasse 0.
testation, les officiers du duc continueraient à jouir de ce banc. Après de nombreuses plaidoiries, le Parlement rendit un arrêt, le 7 juillet 1727, par lequel il déclara que la justice haute, moyenne et basse., appartenait au chapitre. Par suite de cet arrêt, le duc ne put conserver le banc occupé par ses officiers (1).
Mais les consuls s'étaient montrés favorables aux réclamations du duc, et à leur tour ils eurent aussi un procès au sujet de leur banc dans la cathédrale. Ce banc, peint en bleu et semé de lys d'or, était surmonté des armes cle la ville. Le duc soutint le droit des consuls, et grâce à la protection du comte de Saint-Florentin, ministre et secrétaire d'Etat, il parvint à faire prévaloir leur droit.
Leduc se trouvait à Uzès au moment où surgirent toutes ces difficultés. Il y fit un assez long séjour, puis il se rendit à Paris, oui! assista au sacre de Louis XV et a la déclaration de sa majorité qui eut lieu le 6 février 1723 (2). Philippe d'Orléans déposa le titre de régent et mourut dès la tin de cette même année d'une attaque d'apoplexie.
Par lettres patentes du 12 juin 172L, le duc d'Uzès fut nommé chevalier cle l'ordre du Saint-Esprit et reçut le collier des mains du roi dans la chapelle du château de Versailles (3), puis il maria son fils aîné avec MUede la Rochefoucauld et se démit en sa faveur de son titre
(1) Archives ducales. Layelte 21, page 7,
Le chapitre était seigneur justicier de la cathédrale, du boulevard appelé encore le Portalet, du Bourg de Saint-Firmin, et d'autres menus lieux d'Uzès. Celte justice, bornée à quelques lambeaux de terre, n'en était pas moins haute, moyenne et basse, et tout aussi paissante dans son étroit territoire que celle du duc ou de l'évoque, dans leur vasto étendue.
(Voir les ^ Anciennes juridictions d'Uzès, par M. Georges Maurin, membre de L'Académie de Nimes, page 23).
(2) Mémoires cle la régence da duc d'Orléans, tome m, page 2.16. (.'îj Arch. duc., Layette, p. 7. Itiv., p. 60, \
de duc et pair- de France; mais le roi, par un brevet en date du 18 décembre 1724, lui conserva les mômes honneurs dont il jouissait avant cette cession.
Il ne profita pas longtemps de cette faveur royale. Après avoir vécu au milieu des plaisirs, il n'aspirait qu'à la retraite, et son esprit et son cœur le poussaient vers les idées religieuses. Il vint donc à Uzès avec la duchesse pour y passer, dans le recueillement et la prière, les dernières années de sa vie; mais, tout en le déplorant, il eut peu de rapport avec l'évèque, à cause des procès pendants entr' eux. Toutefois, à la (in du carême de 1725, il sembla qu'une réconciliation définitive allait avoir lieu.
« En effet, le jeudi saint, en visitant les églises, févéque d'Uzès, Mgr Poucet de la Rivière, trouva le duc dans une des paroisses de la ville, le loua sur son zèle et son bon exemple. Le duc répondit à ses politesses dans le même lieu et, saisissant toutes les occasions qui pouvaient conduire à une réconciliation, le lendemain vendredi, après avoir assisté aux offices et à l'adoration de la croix clans l'église des Pères capucins, il se rendit li févèché, dit à Mgr Poncet de la Rivière ({n'ayant renoncé aux pieds de la croix à toutes matières de division et de procès, il le priait d'en faire de même, que ce saint temps les y conviait. Le public fut témoin de cet aveu. Mgr l'évèque parut être content de la proposition, après quoi le duc se retira. Peu de temps après il vit arriver chez lui M6* l'évèque.
Les officiers des deux seigneurs vinrent les féliciter sur leur réciproque visite ; le chapitre, les consuls, enfin tous les états de la ville coururent chez leurs seigneurs, si bien que le vendredi saint ne parut plus un jour de pénitence, tant la satisfaction extérieure éclatait.
Leduc d'Uzès donna des fêtes à l'évèque et celui-ci l'imita (1 ). »
(1) Arch, duc. Layette 11, liasse 3,
On raconte qu'un jour, au palais épiscopal, l'évêque avait donné au duc un somptueux dîner. Le duc était placé à table vis-à-vis de lui. Le dessert fut surtout magnifique. Au centre, entre l'évêque et le duc, se voyait un temple de la Concorde tout en sucrerie, qui fut l'objet de l'admiration générale. Le duc s'opposait à ce qu'on y touchât. « Non. dit l'évêque en frappant dessus avec son couteau, il faut qu'à l'avenir, M. le duc, rien ne nous sépare. »
Us s'occupèrent l'un et l'autre des embellissements de la ville. Les fossés de la rue Condamine à la porte Saint-Etienne furent comblés et transformés en promenades, aujourd'hui nos boulevards, c'est-à-dire la partie la plus agréable de notre ville (1). On fit construire aussi la promenade de l'Esplanade.
La même année 1725 le duc obtint, sur l'avis favorable de l'évêque, une bulle du Pape pour faire célébrer la messe dans le château ducal (2).
Mais l'accord entre le duc et l'évêque ne fut pas de longue durée. Diverses décisions rendues parle parlement de Paris sur les difficultés pendantes devinrent un obstacle à la réconciliation. D'ailleurs l'évêque Poncet de la Rivière, qui avait été militaire, était, malgré sa piété, d'un caractère irascible, surtout en vieillissant (3).
(1) Délibérations de l'Hôtel de Ville, année 1721.
(2) Arch. duc, invent. p. 223.
(3) Siméon Abauzit a laissé dans ses manuscrits une anecdote contre cet évêque, qu'il est bon de reproduire :
« Mer Poncet de la Rivière, quoique avancé en âge, avait conservé toute sa vivacité ; mais ses jambes étant très affaiblies, il ne marchait qu'avec peine sur une longue canne.
Los traditions locales portent qu'un matin, qu'il était seul dans sa chambre, située au rez-de-chaussée de son palais, ayant eu quelque besoin, il sonna à plusieurs reprises et avec force. N'en voyant arriver aucun, il se leva do son fauteuil Tort en colère, et, appuyé sur sa canne, se traîna à l'antichambre où il ne trouva personne, de là à l'office, de
Il fallut donc vivre, comme dans le pa se, avec une froideur déplora] de, si bien qu'à quelque temps de là l'archevêque d'Avignon , alors vice-légat par intérim, accompagné de l'abbé de Massilian, étant venu voir le
duc et la duchesse, on fit prévenir I'èvêque d'Uzès de la présence au château de Mg* l'archevêque; mais l'évêque ne vint pas et se contenta (renvoyer son grand vicaire pour féliciter Sa Grandeur (1).
Plus tard, en 1728, an mois de novembre, M-r de Lastie de Saint-Jol étant nommé évoque d'Uzès, en remplacement de Mgr Poucet de la Rivière, décédé, le duc d'Uzès s'empressa de lui écrire pour lui faire son
là à la cuisine, au vestibule, personne nulle part. Il eut beau crier, s'époumoner, personne ne répondit. Furieux, il se traîna dans la cour et appela fortement, mais pas de réponse. Cherchant toujours il crut entendre des voix dans la petite galerie souterraine aboutissant aux escaliers qui conduisent à une porte de la cathédrale donnant sur la cour et qui est aujourd'hui murée.
Il descendit l'escalier et, s'étant baissé, il vit dans le souterrain tous ses gens, toute sa maison, jusqu'à son secrétaire, autour d'un pâté de jambon et d'autres reliefs qu'ils arrosaient de bon vin à qui mieux mieux. Tous les déjeûnants furent saisis d'effroi à l'apparition de leur seigneur et maître, et plus encore quand, d'une voix de tonnerre il leur cria : «Sortez, coquins, sortez de suite et l'un après l'autre. » Tous s'empressèrent de sortir, à la réserve du cuisinier. Comme ils étaient obligés de se courber, presque de ramper pour sortir, Monseigneur, qui était posté à l'ouverture, put facilement appliquer à tous une volée de coups de sa longue canne. Le chef de cuisine resta seul et ne se disposait pas à suivre les autres.
L'évêque, indigné de son retard et de son calme, lui cria : Et toi, maraud, sortiras-tu ? — Non, Monseigneur. — Et pourquoi? — Parée que je ne veux pas recevoir des coups comme les autres. . . — Comment coquin, toi le plus coupable île tous, sors de suite. . . — Eh bien, Monseigneur, je vais sortir ; mais je vous préviens que si vous me frappez vous ne dînerez pas aujourd'hui, que je pars à l'instant. — Passe, passe, maraud, lui dit l'évêque tout tremblant de colère, mais n'osant lever sa canne ; passe et apprête-moi un bon dîner. »
(1) Arcli, duc, Layette, page. ÏO.
compliment, en lui rappelant que, le 2(3 janvier 1420, Géraud de Crussol et de Beaudiné avait épousé Alix de Lastie, fille d'un de ses ancêtres, et qu'ainsi il y avait eu une alliance entre leurs deux familles. L'année suivante, lorsque le nouvel évêque se rendit dans son diocèse, le duc d'Uzès ayant appris qu'il arrivait avec une chaise de poste, alla l'attendre avec son équipage à moitié chemin de Nimes, aux confins de son diocèse, pour le faire entrer plus décemment dans la ville d'Uzès. Le duc amena l'évèque jusqu'au palais épiscopal et le fit haranguer par son sénéchal en corps. Mais malgré ces attentions du duc les procès continuèrent (1), et ils dureraient probablement encore si la révolution n'y avait pas mis fin.
Malgré les tracas de tous ces procès, le duc se plaisait à Uzès, où il s'occupait surtout de bonnes œuvres. Il s'intéressait beaucoup aux capucins (2). Son grand-père, le duc François Ier leur avait fait bâtir une église et un couvent (3) sur un terrain qui lui appartenait, près de son duché. Lui-môme fit construire à son usage un petit bâtiment y attenant, par lequel il pouvait se rendre dans leur église et assister aux offices dans une tribune particulière.
Il fut nommé syndic général des capucins de la pro-
(1) Archives ducales. Layette il.
(2) Les capucins, fraction de l'ordre dos frères mineurs ou Cordcliers, furent fondés en 1528 à Camerino en Italie, et ils obtinrent, en 1572, l'autorisation de s'établir en France.
(3) On lisait naguère encore sur les murs du corridor do ce couvent plusieurs strophes en vers dont voici la dernière :
Que mes vers, cher lecteur, n'arrêtent plus tes yeux Tes yeux ont assez lu, n'est-il pas temps qu'ils pleurent? Va, lecteur, et choisis ou la terrû ou les cieux Ou les biens qui s'en vont ou les biens qui demeurent.
{Guide de l 'étranger à Uzès, par L. d'Albioussc, page 32).
vince de Saint-Louis, et prit sous sa protection touslcs religieux de Tordre qui la composaient (1).
Sous l'église des capucins d'Uzès se trouvait un caveau destiné à la sépulture des ducs. Il ne tarda pas à y être placé.
Dés que les consuls apprirent la mort du duc d'Uzès, ils convoquèrent le conseil qui décida d'aller en corps au duché témoigner à Mme la duchesse, ainsi qu'à M. le duc de Crussol, son fils, la part que prenait la ville à cette mort. Le duc fut enterré le 25 juillet, avec grande pompe, dans l'église des R. P. Capucins, et la cérémonie fut présidée par M°r l'évêque.
On se rendit d'abord au duché et delà à l'église, dans l'ordre suivant :
1° Les pauvres, au nombre de cent, portant chacun une canne de cadis et un cierge de deux onces;
2° Les diverses congrégations ;
3° Les messieurs de l'hôtel de ville ;
4° Les cordeliers et les capucins, précédés de leurs croix ;
5° La paroisse de Saint-Julien ;
6° La paroisse de Saint-Etienne, suivie de tous les prêtres des environs ;
7° Le chapitre ;
8° M** l'évêque.
Après le clergé venaient les officiers et les valets de chambre en pleureuses et longs crêpes, puis ceux qui portaient les honneurs, savoir :
M. de Ville — le cœur.
M. de Pougnadoresse — la couronne ducale.
M. le chevalier de Meyrargues — le cordon bleu.
M. le baron de Fontarèches — l'épée.
(1) Voir Vie du bienheureux Joseph de Lêonissc, capucin, par Paul de Noyers, capucin, dédié à très haut et très illustre seigneur Mer Jean Charles de Crussol, duc d'Uzès.
Les coins du poêle étaient tenus par MM. de Friaire, capitaine, de Gaujac, de Robiac et de Verfeuii.
Après le poêle suivait le corps porté par six sergents de la garnison.
Autour du corps, de chaque coté, toute la livrée et huit pauvres.
Après le corps, à droite, le duc revêtu d'un grand manteau dont la queue était portée par son maître d'hôtel, à gauche son sénéchal et derrière eux tous les officiers du sénéchal d'après leur rang.
Une fois arrivés dans l'église des Capucins, toute tendue de noir, Mgrlevêque fit l'absoute, et quand tout fut terminé on accompagna le. duc jusqu'au château ducal.
Le procès -verbal de cette cérémonie fut rédigé par le curé Briquel, en présence de MM. Gabriel Froment, d'Argeliers, Alexandre de La Tour du Pin Gouvernet, L. de Verfeuii et noble Joseph Drôme (1).
Le duc Jean-Charles, mort à Uzès le 20 juillet 1739, laissa plusieurs enfants :
1° CIiarîcM timaai anucl qui suit ;
2° Louis Emmanuel, d'abord comte d'Acier, puis marquis de Fiorensac, né à Uzès le 14 mars 1711, et mort célibataire en 1743;
3° Anne-Julie-Françoise, née à Paris 1713, mariée en 1732 à Louis César de la Baume-Le-Blanc de la Yallière, duc de Vaujours, célèbre bibliomane. Quoique un peu tournée, elle n'en passait pas moins pour la plus belle femme de la cour de Louis XV qui en comptait beaucoup, et aussi pour une des plus intelligentes.
« Le salon du duc et de la duchesse de La Vallière de Vaujours était le centre du monde intelligent de Paris,
(1) V. Registre de Saint-Etienne d'L'zès. p. 377.
(2) Sa veuve, la duchesse d'Qzès née Je Btillion, ne mourut que longues années après, en 1760.
à cette brillante époque où la France imposait aux autres nations ses idées, ses modes et sa littérature. Tous les souverains de l'Europe passèrent dans leur salon (1), avec ce que les lettres et les arts avaient de plus distingué. Joseph TI, Gustave III, Christian VII, Paul I de Russie, Georges IV, la cour et toute la noblesse française, vinrent rendre hommage à la duchesse de La Vallière de Vaujours, dont la beauté brava les années et pour qui Mmed'Houdetot fit le quatrain suivant, placé sous son portrait :
La nature, prudente et sage, Force le temps à respecter Les charmes de ce beau visage Qu'elle n'aurait pu répéter (2) . »
4° Quatre autres enfants étaient morts en bas-âge.
(1) M,n° do La Vallière avait reçu, du prince de Galles, son portrait sur ivoire monté en or, avec cette inscription : « Donné par S. A. R. le prince de Galles à M",c la duchesse de La Vallière » .
Cette miniature appartient à E.-O.-E. de Grussol d'Uzès, marquise de GalarJ.
La duchesse de La Vallière a été inhumée au château de Widevillc.
(?) Voir Wideville, parle marquis de Galard, pages 54 et 55.
Charles-Emmanuel DE CRUSSOL