‹ Histoire des édifices où ont siégé les assemblées parlementires de la révolution française et de la première républiqueChapitre 38 sur 59 · î.AN TIHlv Uh I. ATUAS t>KS PI ANS DE LA · texte numérisé non relu

î.AN TIHlv Uh I. ATUAS t>KS PI ANS DE LA

' -Arrh ta*.

LA SALLE DU MANÈGE

Fargeau , place Vendôme, 3->; la même légende indique pour le n* 16 : «M. Maltesten, le même Almanacli, p. 37/1 : <rM. et M"* de Mal tète, place Vendôme, la légende de la feuille 13 porte, sous le n* 90 : «M. Dainvalu, YAbnanach de /Wû,p.<}90 : «Millon d'Inval, receveur général de* finances, place Vendôme, 8"'-; la même légende, au n°3a : eM.Magou de la Baluë», le même Almanach, p. 370: «f M. Magon de 1» Balue, place Vendôme, 10». Ces indications pourraient être mullij liées.

Les preuves pourraient aussi être données pour la partie occidentale de la place (planche 1 1 de Y A lia» de la Centive). La légende de cette feuille indique sous le numéro G : «M. d'Arrasn; or ou voit, à Y Almanach de P«rù avec mention du n" 18 : sM. d'Arras, caissier des amortissements même concordance poulies 11"' 8 et a 1 , au nom de Jouberl |2Î.

Il suffit dès lors d'établir un plan des hôtels de celte partie de la place d'après VAlmanach de Paris, pour constater que les n" 18 et îî 1 de ce dernier ouvrage concordent bien avec les n°* 6 et 8 de Y Allât de la Centive.

\* démonstration qui précède sullirait à établir que les hôtels portant en 178*) les n™ k et 9, et qui furent occupés par la Constituante, sont bien ceux que l'on remarque à Y Allât de la Centive sous les n~ 1 (> et ai, portant actuellement les n» 10 et -!o.

11ÔTKL pomvr es 1789 le y U (y 10 acti kl).

Nous avons toutefois une preuve plus décisive encore s'il est possible. L'Alto* dr la Centive indique (voir la légende, feuille 13) que le n° 16 appartenait, vers 178(1, à M. Mallette. Nous avons trouvé aux Archives nationales le dossier relatif à la location faite de cet hôtel par M. de Maleteste à la Constituante, location au sujet de laquelle s'élevèrent plusieurs difficultés.

Par un bail sous signature privée daté du 3o octobre 1789, <x Jean-Louis de Maleteste 3\ seigneur de Villey et autres lieux, demeurant ordinairement dans sa terre de Villey et de présent à Paris, place Vendôme, n" lir>, avait loué «à l'Assemblée nationale représentée par Gérard-Maurice Turpin, agent du Trésor public*-:

t u grand hôtel sis en celte ville , susdite place Vendôme, n* 4, appartenant audit seigneur de Maleteste, consistant en un grand corps de bâtiment double en profondeur, donnant susdite

''■ Le raéW niinii'ro ne trouve pour Villon 1,1 La miaule du bail «l conserve*, Areh. nat. .

d'Inval à Ftltu actuel de Paru pour f]8fj. p. Hlfi f., t3»; signature : ÀYa/rleafc. ( BiW. nat. . I.k '/6o38 . in- 1 a ). ''- QnaliGV aiflenra : -contrôleur de* bons d'État .

1,1 l<e* n" 10 et il Rappliquant aux demeure* demeurant me Sainle-Barbe, n' 10». On relève

.le d'Arras et de Jouberl se relèvent au>»i dans dan» la Collection ici /oii. . . de I l'onvraffe de M. île Boislillc. op. cil.. I. XV, arnt du CoiKeil du 1 5 août 1790, »qui nomme le p. -»oi. »ieur Gérard-Maurice Turpin pour l'un de* agent»

place Vendôme, porte cochère au milieu, cour ensuite, un autre grand corps de logis à droite de la cour, à la cuite de laquelle mur est une ba.su> cour dans laquelle se trouvent le* écurie» et les remise*!' ■'. . . «au» rien excepter, si ce n'est : i* l'appartement du petit rorp de logis construit dans la basse cour; s" une écurie de cinq chevaux; 3* deu\ remises qui sont au fond de ladite cour el une petite cour Étant derrière lesdilea remises1*', ainsi que les greniers de fourrage étant au-dessus du bâtiment construit au-dessus des remises; &* une place de cheval dan» l» grande écurie auprès de l'escalier, laquelle place ledit seigneur de Maletesle se propose d'employer à rn grandir l'escalier qui monte à l'appartement construit au-dessus des remises; •Y' un entresol en aile dont il a toujours joui et deux pièces au premier au-dessus dudit entresol, auxquelles on arrive par l'escalier de l'appirtement réservé par ledit seigneur de Maleleste, lequel escalier n'est que jmiui- l'usage de cet appartement; fi* deux grandes caves el une cave commune pour y arriver; 7* un garde-meuble au .H* étage du corps du logis du devant dudit hôtel; 8" l'entrée par la porte rocher* el la jouissance commune de la ba«e cour et du puits, etc.

D'autres clauses suivent, auxquelles nous n'avons pas a nous arrêter; le bail était fait moyennant un loyer de i5.ooo livres, «9,000 pour l'immeuble, 6, «00 pour les meubles t.

Parmi les nombreuses pièces du dossier intitulé -Procès perdu par M. de Ma- Ictcste, propriétaire de la maison place Vendôme, n" '1 * ( Arch. nat., ('.. 011 remarque une lettre non datée de M. de Maleleste, contenant <jiiel«|ues détails sur l'immeuble qui nous occupe. Le signataire expose qu'il sa été 6-.t ans conseiller au Parlement de BouiffORuc, ayant été reçu en 1727, le jour qu'il a eu di\liuil ans. . . le 1 3 février 1 770, le suppliant acheta de Madame de Saint-Sevriii, née Fillon de Villemur, veuve en premières noces de M. d'Houdetot el en secondes noces de M. de Saint-Sevrin, une maison située place Vendôme, n° '1 etc.

Guillolin, comme commissaire de la salle, écrit à l'agent Turpin dont nous avons déjà parlé, le 1 G juin 1791 :

Il faut prendre toutes les précautions convenables pour pouvoir sortir de celte malheureuse maison le 1 5 juillet. D'ici ce temps-là je vais prendre mes mesures pour transmuter tous les comités de la place Vendôme 3' aux Capucins et aux Feuillants. J'en suis d'accord avec le Comité des Finances. Cependant, comme le temps est très court, s'il y a moyen, soit |»ar dire de justice, soit dVcord avec M. de Maleteste, de différer notre sortie jusqu'au 1 5 octobre, j'aimerais mieux ce dernier pnrti.

Le bail, nous l'avons vu, était sous signature privée: M. de Malele>|e en avait,

diargés du ivrauvrcmenl «les créance actives sur le Trésor public «.

11 ' Cette description se rapporte exactement, comme on |wul le voir, h l'immeuble qui, planche 1 a de la Cmimc* de /' Artkeenkt , porte le n* 1 ii ; la séparaUou de la ba«c cour y est très nettement indiquée.

Cette pelito cour se |>eot voir sur le plan

(fouille 11), détails qui |M.Tini4li-itl de reconnaître rexactilutle générale de VAtlu* Ar ht Omat de VArtkevéthé, et par suite le prix tout |wuïiculiei ije ce document |>our l'Iiistuire île Paris.

m Une pièce conservée aux Archives nationales, non datée, donne sur les divers emplacements des comité» dan* cet MleJ des détails »•>•«•* complets (.Irrh.nsL, I), Ht,).

LA SALLE DU MANÈGE

pour divers motif», refusé l'exécution après l'installation des comités place Vendôme, n° k. Un jugement du ili avril 1 791 obligea M. de Malctestc «à passer le bail conformément au sous-seing privé du 3o octobre 178911, et le condamna aux dépend1'.

L'agent Turpin écrit cependant le 1 a décembre 1 791 que «l'affaire n'est pas encore terminée n.

Cet hôtel a été occupé exactement deux ans par l'Assemblée nationale: on lit, en effet, au l/>mple rendu du 3o <wût 1 79 / (voir ci-dessus, p. 1 ;)<)): «location de l'hôtel , il" U, place Vendôme, du 1er octobre 1789 au 1" octobre 1791 : 3o,ooo livres *.

HOTEL PORTANT IN 1 789 LE N° 9 (xB ÎO ACTtll).

Nous n'avons que des renrcignemenls très incomplets sur cet hôlel dont le plan se peut voir, d'après la concordance que nous avons établie, à ï Atlas de la Centime, feuille îa, sous le n° ai. La légende indique que le propriétaire en 1786 était M. de la Garde w. Cet hôtel ne fut guère occupé par l'Assemblée nationale que pendant six ou sept mois. Au Compte rendu de» commissaire» du 3o août 1791, on lit : t Location de l'hôtel u" 9, place Vendôme, pour l'usage des comités pendant six mois et demi. . . k, Ithd livres*. Lorsque les couvents des Feuillants et des Capucins, après le décret du 3o juillet 1790, eurent été mis à la disposition de l'Assemblée, on prit le parti de transporter aux Capucins les divers comités qui avaient été installés dans cet hôtel, c'est-à-dire les Comités d'aliénation, des domaines, de mendicité, le Comité ecclésiastique, le Comité diplomatique. Une pièce conservée aux Archives nationales signée des présidents de ces comités autorise leur transfert aux Capucins; elle est accompagnée de la note suivante : -U portier de l'hôtel des Comités, place Vendôme, n° 7, laissera sortir les meubles et les effets appartenant à ces comités . . . pour le tout être transporté au nouveau local des comités, maison des Capucins Saint-Honoré. Paris, 38 novembre 1790T, signé : GuiUolin.

Un député à la Constituante, Meusnier-Dubreuil a:, avait un appartement dan* cet hôtel. On voit dans une pièce non datée, mais signée de Meusniei-Dubreuil et

**! Le texte du jugement est conserve' aiu Archive» natioualcn, C

UAtmanack de Paris pour 1789. dons lu |iartic consacrée aox "personne* «te eondilion*-, mentionne six personnes du nom de de La Garde.

|>u identifier, par suite, ie nom «lu propriétaire du n'9.

' Jeaa-B«plisl« Maisnier-Dobrenil, lieutenant gênerai civil et de police au bailliage et .lîàpe prêtai de Mante», avait été élu «léputé par le lier»

mu. an» «aincis. — 1.

élut des bailliages réunie à Mantes. Il demeurait, en 1791, place Veudome . n* 1 1 . — Ou lit »u compte rendu de la séance de la Législative «In 1 1 janvier 1 791 : 'Un de messieurs les secrétaire» fait leetnre d'une lettre de M. Duport, «mi annonce «pie le 1" tribunal criminel provisoire de la ville (te Pari» est saisi en cet instant d'une procédure contre une voie de fait commise ]iar M. Dubreuil . membre de l'Assemblée constituante, dans l'enceinte de cette Assemblée, au milieu d'un «le «e» couùt,.., {Moteur.)

des six commissaires de la salle, que Meusnier consent tque les comités de l'Assemblée nationale établissent leurs bureaux dans l'appartement que j'occupe place Vendôme, n" 9 . à condition qu'il me sera versé une somme de 1 90 livres par mois pour indemnité n. Meusnier-Dubreuil reçat cette indemnité mensuelle même après que l'Assemblée nationale eut abandonné l'hôtel, u° y, place Vendôme. On lit, en effet, au dompte rendu des commissaire* du 3o août 1791 Indemnité à M. Dubreuil, député, à raison de lao livres par mois, du tômati 1700 jusqu'à la foi de la législature, pour avoir cédé aux comités de l'Assemblée nationale le logement qu'il occupait place Vendôme, n° 9, ci : a.iOu livres*.

Après le départ des comités de la Constituante, cet hôtel fut occupé par la ComiHgnie des.lndes; ou lit, en effet, au Journal de Parût du i3 avril 1 791, que l'assemblée générale de celte compagnie aura lieu, le 18 avril, r en l'hôtel de la Compagnie, place Vendôme, n" 9 ' -.

Les plans manuscrits et gravés les- plus importants concernant la place Vendôme et ses abords sont conservés dans la Topographie de la France (Bibl. nat., Estampes), dans les volumes cotés V*, u3fi , «35 et hh 1 .

1 La Cnnijingiiie île» Inde* avilit ut-cul»-, iiou» |;rm'rale du 9 jwiviry- 171)1 avait été tant? "<n l'avons vu | \«ir ci-dessus, |i. 177. noie 5), PliAlct lliotel de la Cuui|NU|nii>. rue de (irammunl*. il.' Miwarin, nie di-« |VtiW.h»ui|>«: InwmMeV iJmrnnt dr / W. }

RÉFLEXIONS SLR LK LIEU LE PLUS CONVENABLE POUR LA TENUE DES ÉTATS r.ÉXÉRAl V

« .«lt 17S8 ' . (V«irp. «.)

t . . .On prétend qu'après «voir rejeté Pari», Versailles, Saint-Germain, on a balancé entre Compiègnc, Soissons, Fontainebleau. Sens, Reims et Tours pour y rassembler les Étals au mois île mai prochain.

«L'objet de ce méritoire n'est pas de discuter le plus ou moins d'avantage qu'offrent chacune de ces villes, parce ijua, après qu'on y aura établi ccu\ qui paraissent devoir déterminer pour Versailles, on est persuadé qu'aucune d'elles ne pourra li s balancer.

«La position de la Kranre, dans ce moment, ne peut nullement se comparer à celle où elle était lorsqu'on jugeait autrefois nécessaire d'éloigner l'Assemblée des Ltats de la capitale. Il y a sans douta des mécontentements, des haines, de l'esprit de parti, mais aucun projet séditieux, aucun mouvement inquiétant dans le peuple. La principale, on peut même dire la seule question nationale qui doive être Irailée dans ces Étals, est le rétablissement des finances. Elle peut donner lieu a des débats d'opinion, jamais à des éclats dangereux. Quant aux autres points sur lesquels l'attention des États pourra se porter, si le gouvernement a le soin de ne pas s'écarter de la marche de ces assemblées, de renvoyer tout après la confection du cahier général , d'en faire discuter chaque article l'un après l'autre par des commissaires du Conseil avec des commissaires des États, de ne se livrer h aucune personnalité, tout peut se passer dans le plus grand calme.

«Le lieu d'une assemblée de la nation; dans de pareilles circonstances, n'a donc besoin que d'être commode sous tous les rapports. Certainement, Versailles présente cet avantage, Il n'y a pas de ville dans le royaume où l'on trouve, comme ici, 1,600 logements à louer, où les auberges soient aussi nombreuses, les rues plus larges, plus aérées, et, quant à la salle d'assemblée, où l'on puisse en avoir une plus vaste, moins dispendieuse, d'un abord plus facile que celle qui a servi pour les notables.

«Mais la pricipale considération qui doit faire pencher la balance en faveur de Versailles est la dépense. Quelle différence énorme n'éprouvera-t-on pas si l'on se fixe à ce plan?

«Pour transporter le roi et la famille royale partout ailleurs et pour y faire subsister les quinze à seize mille personnes qui suivent la Cour dans les voyages, pendant plusieurs mois, on ne peut compter moins de six millions.

«... Après la diminution qui aura lieu cette année dans les revenus de la ville de Paris, de quelle conséquence ne serait-il pas, pour les finances du roi, de dépeupler cette ville pendant au moins six mois? Cette diminution irait nécessairement à plusieurs millions. On

(,; 1* pièce suivante, bien que uou signée, a do Ministère de 1* Maison du roi. dan» le carton Ions les caractères d'un document officiel. Elle est coté*)'. 354. Nous n'en donnons ici que les parties conservé aux Archive* nationales parmi le» papiers essentielles.

peut encore compter pour" beaucoup l'argent que les étrangers apporteront dans la rapitale nendant toute la durée des Étals. . . Il suit de cet exposé qu'en assemblant les États à Versailles, il y aura une différence de près de h millions pour les finances du roi. tant en dépenses qu'en défaut de recettes.

» Pour détourner Sa Majesté de fixer son choix sur cette ville, on ne peut alléguer que la crainte de la capitale sur l'Assemblée et respectivement, ainsi que celle de voir le public se diviser sur chaque question et des partis trop nombreux se former. Mais croit-on que lorsque les Etats seront à Tours, par exemple, les correspondances ne pourront pas produire le même effet et peut-être même un pire que les conversations?. . . II y a d'ailleurs telle chose qui. venant de loin, occuperait pendant huit jours, dont on ne parlerait plus le lendemain si elle s'était passée à quatre lieues. Si l'on compte pour beaucoup la facilité qu'on aurait de tout savoir sur-le-champ dans celte ville, il ne faut pas mettre hors de ligne les dissipations qu'elle fournit, ni la facilité de savoir promptement quels seront les préjugés ou les mauvaises manœuvres que la Cour Hura à combattre. Ce serait s'abuser que de croire que l'éloignemenl du lieu de l'Assemblée diminuera considérablement l'ugilation des esprits. Elle existera du plus au moins. Le point essentiel à décider est donc, si cette différence peut être mise en balance avec environ 'i5 millions do dépenses ou de diminution de receltes, avec la géne qui s'ensuivrait pour tout le monde, le danger des maladies dans une ville où les hommes seraient nécessairement entassés el la dépopulation de la capitale, toutes choses qu'on évitera en assemblant les États a Versailles. *

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