Porte, d'entrée du Boi et «les notables
AKTUUII KM Mi KT LA SALLB DES ÉTATS DE L'HOTBI. DES MEMS-PLAISJRS.
(Voir p. 7L)
Arthur Young, qui vint à Versailles en juin 1785, n'a pas laissé dans ses Voyage* en France'-^ de longues appréciations sur les détails d'installation qui nous occupent, nous croyons devoir reproduire cependant les lignes suivantes qui, précisément parce qu'elles émanent d'un étranger, sont plus curieuses à relever.
Il écrit, à la date du 1 5 juin : r Voici un beau jour tel que jamais on n'en eut attendu de pareil en France, il y a div ans. . . Mon ami, M. Lazovtski et moi nous étions à Versailles à huit heures du matin. Nous allâmes immédiatement à l« salle des États pour nous assurer de bonnes placejs dans la galerie. Il y avait déjà quelques députés et un auditoire assei nombreux. Le local est trop grand; seuls les organes de stentor ou les voix du timbre
l>) Yoiftiffri c» frimer prndant Itt nuitée* J7K7, ijttS, IJ^Q, par Arthur V01 »«;. l'iris, itjflu, « vol. in-8". tradurtion I.iski. I/-s i-Uraits qui suivent sont tirés du tome I, p. w)i| rl «ni».
If plus clair peuvent se faire entendre; cependant les dimensions mêmes de la salle, qui peut contenir deux mille personnes, donnent de la majesté à lu scène. Elle était vraiment pleine d'intérêt. . . - Suivent des appréciations politiques sans rapport avec notre sujet. Le voyageur revient à \ ersailles le a a juin et il écrit à cette date : «J'arrivais à Versailles a six heures du matin afin d'être prêt pour la séance royale. Nous déjeunions avec le duc de Liancourt quand on nous apprit que le roi l'avait remise à demain. Hier, il v a eu une séance du Conseil qui s'est prolongée jusqu'à minuit. Monsieur et le comte d'Artois y assistaient : chose extraordinaire et attribuée à l'influence de la reine, le comte d'Artois, l'adversaire constant des plans de M. Necker. s'e*t opposé à son système et a obtenu de faire remettre la séance de ai heures, pour qu'il y ait aujourd'hui conseil en présence du roi. En sortant du château'", nous Hllftmes chercher les député*; il courait plusieurs versions sur le lieu de leur réunion. Nous vîmes d'abord les rlécollels; ils ) avaient été, mais, s'v trouvant peu commodément, ils s'étaient rendus à Saint-Louis où nous les suivîmes; nous arrivâmes;) temps pour voir M. Bailly ouvrir U séance et lire la lettre du roi ajournant In séance royale à demain. L'aspect de cette assemblée était extraordinaire : une foule immense se pressait en dedans et autour de l'église. . . Apparemment, les habitants de Versailles, au nombre de lio.ooo, sont, jusqu'au dernier, dans les intérêts des communes : ceci est remarquable, car celte ville est nourrie par le palais, et si la Cour n'y est pas populaire, on peut supposer ce qu'en pense le reste du royaume. . . Dans la rue et dans l'église Saint-Louis, il y avait une telle inquiétude sur chaque visage, que l'importance du moment se lisait dans les physionomies. Toutes les formes de civilité ordinaires étaient négligées. . . r (Op. cit., 1. 1, p. aïo.)
Enlin, à la date du a.i juin, Arthur Young écrit :
«Le grand jour est passé : dès le matin, Versailles semblait rempli de troupes; vers dix heures, on forma la haie dans les rues avec les gardes françaises, quelques régiments suisses, etc. La salle des États était entourée, des sentinelles postées h tous les passages e| à toutes les portes; aucune autre personne que les députés n'était admise ... Il parait qu'on était résolu d'avance à ne souffrir aucune violence, car, lorsque le roi fut parti, le clergé et la noblesse s'étant retirés, le marquis de Brexé attendit qu'obéissant aux ordres de la Couronne, le tier$ te tmdli <i««i dntu la ealte préparie pour lui®; puis s'apercevant que personne ne bougeait : * Messieurs, dit-il, vous connaissez les intentions du roi-. Un silène de mort s'ensuivit", etc.
RAPPORT FAIT PAR GARAT SUR LA RÉSOLUTION RELATIVE À L'ÉCHANGE 01 JEU I»E PAUME DE VERSAILLES CONTRE UN DOMAINB NATIONAL.
I sÉASCE OU COSSKLL DIS ASCUXS DU l3 MLCTIDOl 1S VII — Q SEPTKHIM >7Q<|)
(Voir ,.. r.j.)
Représentants du peuple, La résolution du th prairial an v n [est] destinée a établir un nouveau mode pour réaliser l'indemnité duc aux co-piopriélaircs du ci-devant Jeu de Paume de Versailles; celte résolution, par le nom seul du Jeu de Paume de Versailles.
' l/appartrmiiit <la duc ilr Lianrvurl . jjnuicl- Vnir ci-dessus . /m»W»crto«, et clup. I , p. 70. coque
nuitée île U (farde-robe du roi. liait, en 17Kg.au non* disons de* iniiaAoyuntes mesures prises ;i
chAleau, mur Royale, n° 5G. ce *ojet |«ir l'Administration nivale.
<*■ Il lï"; avait pas de «aile spéciale «H lier* étal. '■''> Paris, an vu, in-H'. Bibl. ual.. I* "y'iflui.
\OTKS ET APPENDICES.
réveille de grands souvenirs dan» tous ceux qui connaissent notre Révolution et qui en gardent les époques dans leur mémoire. Mais les législateurs, routine tous les hommes sages, ne se livrent aux émotions, même les plus légitimes et les plus nobles, que lorsqu'ils ont éclaira et terminé leurs affaires. Je vous parlerai donc d'abord de cette résolution , représentants du peuplo, sous le point de vue qu'elle présente aux liquidateurs des dettes de la République et aux gérants de ses domaines.
Il v a du ans que cette affaire dure; on a toujours voulu sérieusement la terminer, mais son terme, auquel on semblait toujours loucher, a toujours été reculé par toutes les variations survenues dans la dette et dans la fortune publique. . .
Dès l'instant où l'Assemblée constituante tint sa séanci> et prononça son serinent au Jeu de Paume de Versailles, avant même qu'aucune autorité eût rien prononcé sur ce local, il changea de nature; il ne fut plus possible de le faire servir ni à son ancien usage ni à aucun usage particulier; il appartint à la nation. Mais, quoique celte transformation fut universellement reconnue, l'Assemblée constituante ne s'occupa ni de la liquidation delà valeur du local, ni du soin de le destiner soit à une commémoration, soit à quelque service public.
L'idée l.i plus naturelle, celle qui se présentait à tout le monde, c'était d'ériger, au milieu de ce local consacré par un grand souvenir, un monument qui rappelât et qui éternisât ce souvenir même, un de ces monuments qui portent dans l'avenir les vertus du passé qu'ils honorent, et si l'Assemblée constituante en éloigna l'idée, ce fut, sans doute, parce qu'elle ne voulut rappeler ni son courage ni l'audace d'un roi dont ce n'était pas encore le moment de renverser le trône.
Les destructeurs de la royauté, les fondateurs de la République pouvaient seuls, avec convenance, s'occuper de ce local de Versailles. A cette époque de la Révolution, ce soin était dévolu à la Convention nationale; elle crut le remplir entièrement par un décret du 7 brumaire an iv, dont il importe de vous faire connaître les dispositions; elles ne sont pas en très grand nombre :
Aht. 1". La maison du Jeu de Paume de Versailles, où l'Assemblée constituante a prononcé le serment du a î juin 1 789 , est un domaine national.
A»t. 2. Cette maison sera employée dans rétablissement de l'instruction publique quand la Convention en décrétera l'organisation.
\«t. 3. Le conseil exécutif provisoire est chargé de traiter, au nom de la nation, avec les propriétaires du Jeu de Paume, pour l'échange de celte maison contre un bien national de même valeur, dans l'étendue de ce département.
Art. 4. La renie de 1,000 livres hypothéquée sur le Jeu de Paume sera désormais hypothéquée sur le bien national cédé en échange.
Art. 5. Sur les murs du Jeu de Paume seront gravés ces mots : «La ville de Versailles a bien mérité de la patrie».
Des cinq articles du décret le seul qui ait un rapport immédiat à l'objet de la discussion actuelle c'est relui qui chargeait le Conseil exécutif provisoire de traiter, au nom de la
Ce rapport t*l Ire» développé; nous ne pouvons en miniqiie-Jnœph) était né b Bavonttc le 8 septembre donner ici que kn parties essentielles. Garai (Do- 1 7 â 9 ; il monrnt • Pari» le 9 décembre 1 833.
NOTKS KT APPENDICES.
nation, avec les propriétaires du J«mj de Paume. |M>ur l'échange «le cette maison contre un bien national do même valeur.
En matière d'indemnité, l'échange d'un domaine contre un domaine de même valeur (dirait le mode le plu» naturel. . . Mais on touchait dès lors à ce» époques ou la défiance devait être partout et la confiance nulle part. Le Conseil exécutif n'osait pas se servir de» droits qu'on lui attribuait ; c'était un pouvoir toujours tremblant, et la Convention, au contraire, oui avait au plus haut degré le sentiment de la puissance, exerçait souvent elle-même les pouvoirs mêmes qu'elle avait délégués.
De ces dispositions du Conseil exécutif et de la Convention, il en résulta i|ue le Conseil ne procéda pas à l'échange qu'il pouvait et devait traiter et que la Convention, par un autre décret du 96 ventôse de la même année, détermina un autre mode d'échange.
Elle statua : t° que l'estimation du Jeu de Paume serait faite pnr trois experts nommés, l'un par l'Administration des domaines nationaux, l'autre par le Ministre de l'intérieur, le troisième par les propriétaires, en présence de deux commissaires nommés : le premier par le directoire du district de Versailles, le second par In municipalité du même lieu, et que l'estimation serait faite sur la valeur du Jeu de Paume au u 1 juin 1789; a* qu'il serait ajouté au principal le montant des intérêts à i> p. 0/0, déduction faite des dédommagement* accordés?; 3' que le montant et du principal et des intérêts serait admis pour comptant du prix d'un domaine national adjugé au concours des enchères.
Ces dispositions, seules essentielles, sont les seules que je rappellerai.
Vous vovez, représentants du peuple, que dans ce second décret , ainsi que dans le premier, l'intention de la Convention nationale était manifeste d'indemniser complètement les propriétaires du Jeu de Paume : la loi garantit avec scrupule tous leurs intérêts. On sent qu'elle est dictée par un esprit généreux, par l'esprit qu'aurait eu la nation elle-même.
Cependant cet esprit noble qui dirigeait les législateurs ne les éclaira pas suffisamment, et les propriétaires découvrirent plus sûrement la lésion énorme que l'exécution du décret du 1 6 ventôse leur ferait souffrir. Apres que les estimations furent faites dans les nouvelles formes prescrites, les propriétaires lui représentèrent, dans une nouvelle pétition au Corps législatif, que les intentions de la nation et de ses représentants ne seraient pas remplies si, après une estimation faite par les calculs ligoureux de froids experts, on les indemnisait par une adjudication faite à la chaleur des enchères; que des experts considèrent seulement la valeur absolue de ce qu'ils estiment, et que des enchérisseurs mettent un prix à mille convenances particulières de ce qu'ils achètent . . .
Les propriétaires ajoutèrent qu'en astreignant les experts à assigner la valeur du Jeu de Paume en 1 780, ou leur faisait perdre tout ce que les domaines de ce genre avaient acquis de valeur depuis cette époque: qu'en les faisant lutter aux enchères avec des porteurs d'assignats, le décret les condamnait à payer un arpent de terre avec une valeur de 3o,noo liv res argent, et qu'avec tout le comptant de l'indemnité allouée par les experts, ils ne pourraient guère avoir plus de deux nu trois arpents de domaines nationaux, ce qui n'acquitterait pas réellement même un dixième de la créance qui leur était reconnue légalement.
Fondés sur des observations si vraies, si pressantes, les propriétaires du Jeu de Paume de Versailles demandèrent au Corps législatif d'écarter le décret du 16 v enlise, qui ne pouvait pas atteindre son but, et de faire revivre celui du 7 brumaire, qui l'atteindrait avec certitude.
Le conseil des Cinq-Cents nomma une commission: elle ne fit point de rapport Dans le silence des législateurs, et dans l'urgence de leurs besoins, les propriétaires du Jeu de Paume, dont plusieurs étaient très pauvres, s'adressèrent au Directoire exécutif. Le
SU
Directoire exécutif pouvait trouver en effet à celte époque, dans le» lois générales sur l'acquisition des domaines nationaux, do» lois dont l'application pouvait se faire légitimement et convenablement à une créance si privilégiée par sa nature.
Les propriétaires demandaient au Directoire que tout le comptant de leur créance fût reçu comme argent effectif dans l'acquisition d'un domaine national.
Le Directoire pensa que, d'après la loi du 16 brumaire an v, la moitié seulement du montant des trois quarts de la liquidation pouvait être reçue comme argent effectif et après une nouvelle liquidation, dont les erreurs, qui n'étaient que des .surprises, pouvaient être facilement corrigées, un arrêté du Directoire, notifié par l'Administration centrale aux propriétaires, leur offrit le moyen de tout terminer à cette condition. Ils acceptèrent, et leur acquiescement fut constaté par un arrêté de l'Administration centrale.
Mais l'acquiescement était du 6 vendémiaire an vi et, le 9 du même mois, c'est-à-dire trois jours après, parut la loi du Corps législatif qui ne conserve qu'un tiers de la dette publique et qui a porté, duns le mode de payement des biens nationaux, des changement* qui ne permettaient plus l'exécution de l'arrêté du Directoire.
Les propriétaires du Jeu de Paume furent donc obligés «le s'adresser de nouveau au Corp* législatif et, dans leur dernière pétition au conseil des Cinq-Cents, ils ont réclamé, comme dans la première, ou les mêmes dispositions, ou des dispositions semblables à celles du 7 brumaire an .1.
C'est sur cette pétition qu'a été prise lu résolution soumise » votre examen.
Sans doute, vous l'avez déjà jugée; sans doute, vous avez déjà senti combien il est nécessaire qu'elle soit sanctionnée; c'est le vieu que votre Commission vous présente à l'unanimité, et tout ce qu'elle vous a déjà dit par mon organe parait assez prouver que c'est celui de la justice.
L'article premier autorise le Directoire exécutif à céder aux anciens propriétaires du Jeu ■le Paume de Versailles des biens nationaux pour une valeur égale :
1* A la somme de 73.300 francs à laquelle le Jou de Paume a été estimé; a" Et à celle à laquelle monteront les intérêts de ladite somme.
L'estimation que reconnaît l'article a été faite selon les formes prescrites par les législateurs et avec la correction des méprises légères aperçues par toutes les parties. L'article alloue de plus les intérêts, et c'est une dette aussi sacrée que celle du principal.
L'article a, celui qui distingue essentiellement celte résolution des décrets précédents, ne renouvelle pas la loi du 7 brumaire comme le désiraient les pétitionnaires, mais en accordant moins au pouvoir exécutif, et plus à des mesures législatives, cet article est également propre à faire obtenir aux propriétaires un échange fait pour les indemniser complètement et pas plus que complètement.
Voici comme il est conçu : «11 sera procédé à l'estimation des biens nationaux par deux experts qui seront nommés, savoir : l'un par le directeur de la régie, et l'autre par les anciens propriétaires du Jeu de Paume. Dans le cas où les deux experts ne seraient pas du même avis, l'administration centrale nommera le tiers expert. *
Cet article, comme vous le voyez, établit, pour l'estimation du domaine qui doit être donné en échange, le même mode que celui qui a déjà été employé pour l'estimation du Jeu de Paume; le mode des experts, et cette égalité dans les formes qui est déjà une justice, prépare et assure l'égalité des valeurs et la justice de l'échange.
Tant de motifs d'adopter la résolution puisée dans sa sagesse vous paraîtront sans doute, représentants du peuple, plus puissants encore par tous les souvenirs qui l'environnent et
!\OTES ET APPENDICES.
|iar tout l'intérêt qui sera éternellement attaché à l'époque du Jeu de Paume de Versailles. Tous ces souvenir* seront aussi impérissables que le sentiment das droits du genre humain, que son indignation contre le despotisme qui se prétend envoyé du Ciel pour écraser la Terre.
Jamais on n'oubliera comment les premiers représentants du peuple français, au moment où ils voulurent entrer le j i (tir) juin i yHy dans le lieu de leurs séances, en trouvèrent toutes les portes fermées et toutes les avenue* gardées par une soldatesque menaçante.
Jamais on n'oubliera comment un de ces premiers représentants du peuple a qui un solilnl posait la baïonnette sur In poitrine, lui cria : «Frappe, In évolution en sera plus lot faite ! . . . r
Jamais on n'oubliera comment dans ce Jeu de Paume, dont les filets étaient transformés en une nombreuse et superbe galerie de spectateurs attendris, fui prononcé, par les premiers représentant* du peuple, le serment de ne se séparer qu'après avoir donné une constitution à la France, serment fait et signé à une unanimité d'autant plus solennelle qu'une seule voix le refus» , déclara hautement son refus et fut écoulée sans murmure.
A l'instant où ce serment fut proclamé, les destinées furent aussi changées que si déjà elle avait eu une constitution. . .
[ La fin du rapport ne contient aucun détail digne d'être signalé, i
Sli\><;K l)K L'ASSEMBLER \*TH»ALE DU S OCTOBRE 1789. i:\tsmt du «««prit amou publié cts it po/.«r bi< zona (N° c, p. -i.Vjj ''.
( Vvtr |.. S*.)
y Séance d'hier. Celle de In nuit avait été si longue el occupée d'objets si intéressants, que celle du lendemain n'a été ouverte qu'à i 1 heures. M. le Président a annoncé que le roi réclamait le conseil des représentants de la nation dans les circonstances où il se trouvait.
« M. de Mirabeau a pris la parole pour proposer qu'il y eût, entre l'Assemblée et le roi, une correspondance perpétuelle par des comités qu'on établirait. - Vous devez, disait-il. -mûrement et sérieusement délibérer atnnt de décider que l'Assemblée doit se déplacer dn -lieu ordinaire de ses séances; l'Assemblée doit toujours être tenante. -
«MM. de Blncons et de Serent ont rapporté l'état où était le roi pour demander conseil aux députés de la nation.
s M. Desrneuniers disait que, pour ramener le calme dans des circonstances aussi difficiles, il ne fallait songer qu'à son devoir, niais que les privilèges qui retennienl l'Assemblée dans le lieu de ses séances sont inapplicables à l'état actuel. Le roi demande des conseils; nous remplissons notre mission en satisfaisant à sa demande.
tNous devons entretenir le feu du patriotisme et nous concilier avec le restaurateur de «la liberté française pour la sûreté de l'Etat, disait M. Regnaud; je pense qu'une partie de -l'Assemblée tienne la séance et que l'autre demeure riiez le roi avec une correspondance - prompte. »
' Nous rappelons, |ioor justilier cet dirait, que le premier nnm^rn ilu .tfawW rie imciiI que le •j'i iiuvemlii-e 17%
* 11 a été arrêté qu'on laisserait lu séance tenante et qu'il serait envoyé une dépulation du trente-six personnes qui ont été nommées aussitôt. [Suivent les noms.]
«Avant que la députalion allât chef le roi, M. Bamave a dit : «Vous allez avoir à conseiller le roi sur lu translation de sa personne; vous aurez également ;i délibérer sur t votre propre translation : si le roi et l' Assemblée demeureront ici; s'ils iront à Paris: «s'ils se transféreront ailleurs; c'est ce qui ne peut être décidé que par les circonstances et «après une mure réflexion; mais il est certain que, dans tous les cas, ils m: doivent point «se séparer. . . » On est allé aux voix ot il a été décrété que le roi et l'Assemblée nationale sont inséparables pendant la session actuelle.
*La députalion s'est rendue ebex le roi, en lui portant le décret M. l'abbé d'Eymar, l'un des secrétaires, a porté la parole. . .
*Je ne me séparerai jamais d'elle», a dit le roi avec une touchante effusion de creur.
s M. l'abbé d'Eymar ayant demandé une réponse écrite , Sa Majesté lui a remis un billet qui portait ces paroles : «Je reçois avec une vive sensibilité les nouveaux témoignages d'attouchement de l'Assemblée; le voeu de mon cœur est, vous le savei, de ne me jamais séparer * d'elle. Je vais me rendre u Paris avec la Reine et mes enfants; je donnerai tous les ordres ^ nécessaires pour que l'Assemblée nationale puisse y continuer ses travaux. *
L'HÔTEL DES MKNl S-PLAISIRS À VERSAILLES APRÈS LE DÉPART DE L'ASSEMBLÉE CONSTITUANTE ET LES PROJETS DE MOMJMKNT \ ÉRICKR SIR L EMPLACEMENT DE LA SALLE DES ÉTATS.
{\oir p. 8 1.)
M. Édouard Charton a été au Sénat le promoteur de la loi du 17 avril 187g portant : » Un monument commémoratif sera élevé sur l'emplacement de la salle où l'Assemblée nationale constituante a tenu ses séances à Versailles, depuis le 5 mai jusqu'au 1 5 octobre 1789 1,1 1. Le savant sénateur, directeur depuis sa fondation du Magtuin piuort$qtu, a publié dans ce recueil, a propos du concours qui fut ouvert en 1881 pour le monument projeté, une série de documents, gravures el notices, que nous ne pouvons négliger d'analyser, bien que, le plus souvent, les sources soient insuffisamment indiquées.
On remarque encore, dans le même recueil (année 1883. p. aai), la reproduction d'une gravure de Monnet, intitulée : «Nuit du 6 août 1789. Abandon des privilèges*.
Mais la pièce la plus curieuse est celle qui est reproduite (même année, p. aao) et qui n'est autre qu'un fragment du plan de l'architecte Paris, que nous reproduisons nous-méme (p. 16) en son entier et dans sa forme eomplète, c'est-à-dire en feuilles superposées. L'éditeur n'avait pas identifié l'auteur de ce plan, el la reproduction très imparfaite qui en est donnée {en confondant, par exemple, les divers niveaux du terrain) ne saurait donner une idée exacte de l'original; nous ne pouvions manquer cependant de la signaler.
Le Mnfraxin pittoresque contient enlin (année i88j, p. 1 tï 1 ) une vue de - l'entrée de
Ci. Journal offieitUu 18 avril 1870.
mit. tu «»irir.K«. — 1.
:il.t
M)TKS KT APPKNDICKS.
l'ancien hôtel dm Menus-Plaisirs où l'Assemblée nationale constituante a siégé en dessin de M. K. Desforgesf. La vue est prise du côté de l'avenue de Pari*.
l'ne notice non signée, mai» que nous croyons être de M. Éd. Charton ' . accompagne cette gravure, et comme «Ile donne sur les années qui précédèrent la démolition de la salle des Klats. des détails inédits, nous croyons, sou* les réserves déjà faites, devoir la reproduire :
r Lorsqu'on entre à Versailles par la grandi' avenue de Pari», on (Misse devant rette maison, qui est située à gauche, au roin de la rue d<* l'Assemblée nationale"1, presque devant la préfecture et à quelques centaines de pas de la mairie. Cette maison était en i 789 telle qu'elle est encore et telle qu'on la voit sur ce dessin. On l'appelait l'hôtel des Menus-Plaisirs. C'est aujourd'hui une caserne de cavalerie.
«L'hôtel des Menus-Plaisirs servait de dépôt, au xvnr siècle et peut-être auparavant, pour tous lus jouets de la (Jour : jeux de bague, de quintaine, billards, volunts, instruments de musique, etc. Dans une sorte de salle ou hangar couvert, au fond de l'hôtel (derrière le bâtiment que l'on voit dans la gravure, au delà de la cour), on emmagasinait les dérorafions de l'Opéra et de la salle de spectacle du château. (Jet hôtel, quoique peu vaste, était désigné sous le nom i\'liélel de» fprand* Mimna-lHnitin , tandis qu'on appelait hôtel dn petits Mrnus- Haùin, l'éililice plus considérable de la nie de Noailles où l'on peignait les décors. Kn i 787, lorsque, pour chercher un moyen d'arrêter les désastres des finances, on convoqua une assemblée des notables, on eut l'idée de réunir les députés dans ce dépôt de l'hôtel des Menus-Plaisirs. On décora la salle et elle eut la même destination lors d'une seconde assemblée des notables qui, en 1 ne fut pas plus disposée que la première a venir suffisamment en aide à la royauté.
e En 1 7 Nq, , on ne fil donc que suivre une tradition déjà établie, en choisissant l'hôtel des Menus-Plaisirs pour lieu des séances des Etats généraux. Mais comme celle fois il «.'agissait de réunifies représentants des trois ordres, se composant d'environ douze cents membres, que la solennité devait élre plus grande et que l'on y admettrait le public, on dut aménager autrement ln salle. Nous lu décrirons. Celte fois, nous ne voulons que résumer ce que nous pourrions appeler l'histoire de l'hôtel des Menus-Plaisirs. Lorsque, après le départ de la famille royale, le 1.') du mois d'octobre 17*9. l'Assamblée nationale décida de se transférer à Paris, l'hôtel des Menus-Plaisirs Tut déserté. Il servit seulement à quelques réunions électorales. Puis un sieur Duhusq ( Duhost ou Duhast) acheta, par suite d'une adjudication, non pas l'hôtel tout entier, mais seulement la salle où s'étaient passées de si grandes scènes, dont ne périra pas la mémoire. Que voulait-il en faire? Il l'ignorait lui-même. Il chercha à y établir un magasin de produits alimentaires. Cette tentative n'ayant pas réussi , il n'hésita pas à j"ter bas toute la décoration de la salle (faite de bois, il est vrai, mais «ver beaucoup d'art), et quand il eut vendu Ions ces débris, bientôt dispersés, il fut obligé de disparaître, ayant encouru la déchéance, pour n'avoir pas payé le prix de l'adjudication. La salle n'avait plus même de toiture; absolument abandonnée, ce ne fut longtemps qu'un terrain vague.
-On lit dans un rapport de l'Inleudame des domaines du 1 q novembre 1 H 1 7 : - b- terrain
<|J Une note accompagnant cette noUcc «wt ainsi conçue : '...Il ne paraîtra i|ue juste, j «qwnr, d'acronler au fondateur et directeur du recueil qu'il ne »"esl point borné à faire copier les leuvr*» gravée» ou peintes, et qu'il ne a'est épargné, [icndiiiil 1111 demi-siècle, aucune recherche comme peine.
pour faire reproduire ce qu'il a Inumé (Tintércsaut et d'instructif parmi le» choses inédile--. é Magtitin piltoftaque , année 1884, p. 161.)
»M. Kd, C.Wtnn • obtenu que ce nom fil donné à Icvliviuilé de lu ru<; Saint- Martin.» {Vole du Mtigtttm fnlloi rvfue , p. 161.)
>OTKS KT APPKNDICKS. 3ir»
f qu'avait délaissé 1« sieur Dubusq , sert de dépôl pour les marbres et attires objets de demu- -litions du château. La partie qui n'avait |«s été vendue à Dubusq, a été occupée depuis par *|e Ministre de la guerre, puis rendue au Domaine».
-- L'hôtel fut loué à un sieur Doumère, au prix annuel deonic cents franc* , pour In manutention du pain el pour dépôt de farines et graines.
* On trouve des détails précis sur ce qu'était alors l'hôtel, dans une pièce ayant pour titre : r Devis estimatif d'ouvragrs de maçonnerie, etc., à faire à l'hôtel des Menus-Plaisirs, situé -^avenue «le Paris, à l'angle des rues Saint-Martin el des Chantiers ( i h septembre 1 8 1 7 1. -Il existe un grand hangar, pouvant servir de magasin, faisant partie des tribunes de gauche -de l'ancienne salle de l'Assemblée, construito en 1780, contenant \\\ mètres de long sur 17 m. 70 de large, tenant d'un côté à la rue Saint-Martin el de l'autre à un terrain vague
* sur la rue des Chantiers. Le terrain vague sert provisoirement de dépôt de matériaux. Il ■«contient kh mètres sur 3 A m. .~>o. 11 comporte en superficie ">i8 mètres, équivalant à - '18 perches un sixième. Il est clos île mur sur la rue des Chantiers, avec grande el petite -entrée, et séparé dans le fond par un mor de clôture, côté du grand bâtiment du fond de -?la cour de l'hôtel des Menus, sur l'avenue de Paris. 11 existe une autre partie de terrain,
• à gauche dudit hangar, sur lequel on avait commencé une construction. -
s Cette description est encore aujourd'hui parfaitement exacte. L'espace où se sont passées les plus grandes scènes des premiers mois de la Révolution française, du 5 mai 1 78*) au 1 y octobre suivant "!, est aujourd'hui un jardin fermé, dont un officier du génie a l'usage. Il n'y reste que quelques débris d'une des anciennes tribunes <21 et au-dessous un logement de concierge et des écuries ou magasins.
«C'est là, au milieu de ce jardin, que doit s'élever un monument commémoratif du 5 mai 178*1, volé par le Parlement sur la proposition de M. Édouard Charton, sénateur (loi promulguée le 18 avril 1879).
«Le Ministre des beaux-arts ayant adopté, sur l'avis de M. Edouard Charton, que le monument destiné à consacrer le souvenir du 5 mai 178g serait une colonne, de même que l'Empire a eu la colonne de la place Vendôme, el la révolution de Juillet la colonne de la Bastille, un concours pour la construction de ce monument a été ouvert en 1881. Ce concours, auquel ont pris part les architectes et les sculpteurs les plus éminents de noire époque, a donné lieu à une exposition de modèles qui a été très remarquée. Le prix a été décerné à M. Formigé, architecte.»
M. Édouard Charton a accompagné la reproduction du monument projeté d'une notice publiée dans le Magasin yitloresque de i88a (p. 397), dont voici les parties essentielles :
ir Après le vole du Parlement [loi promulguée le 17 avril 1879], le Ministre des beauxarts avait d'abord pensé que la forme du monument pourrait être un |M:ristyle décoré de statues et de bustes, mais l'auteur de la proposition, convertie en loi'3, lit observer qu'un monument de si petites dimensions, entouré de maisons et de murs, dans une rue peu fré-
U Consumante ne reprit ses séances à l'archevêché s Parts que le 1 0 octobre, mais la dernier» séance tenue à Versailles est celle <lii 1 o octobre.
Les tribunes <ie la salie des hlalis ne s'étendaient pan jusqu'à la rue Saint-Martin, comme on peut le voir sur te plan de Paris que nous publions 1 p. 16); la forme biiarre des toiture» des bilimeois actuels permettent bien, en pfTet. d'admetti« que
c'est un reste des constructions (sites pour le* État» généraux de 1789; mais il y a lieu de faire de* réserves sur -les débris d'une de ces anciennes tribunes-. Ce serait plus vraisemblablement les restes de quelques-unes des annexe» construites entre la «aile et la rue Saint-Martin.
' M. Kd. Charton. sénateur. ( Vie. du Uag.um /«««ii»//»*.)
•io.
NOTKS KT APPENDICES.
quentée, serait à peine visible, visité très rarement et promptement oublié. H ci prima son opinion, depuis longtemps arrêtée, que l'on ne coopérerait dignement la date du 5 mai 1789 qu'en élevant à ce grand souvenir une colonne égale aui colonnes historiques de la place Vendôme et de celle de la Bastille, (ici avis ayant été adopté, un concours fut ouvert. . . Le jury, présidé par le Ministre, décerna le prix à deux jeunes artistes encore peu connu». MM. Fonnigé, architecte, et J. Cmilan, sculpteur.
«Le projet se compose d'un vaste parvis, allant de l'avenue de Paris au monument, qui comprend la représentation idéale de la salle à ciel ouvert, au milieu de laquelle s'élèvera, sur un piédestal de granit , une colonne de marbre h base et chapiteau de brome surmonte d une figure swnboliqne également en bronze, re|H>s.-int sur un piédestal de granit. La colonne mesurerait 37 mètres de hauteur jusqu'à I» plinthe de la statue et celle-ci 7 mètres: ce qui donnerait 44 mètres au-dessus du dallage de la salle, ou ftb mètres au-dessus de la nie des Chantiers. Il y a lieu de tenir compte, en outre, de l'élévation du sol de la salle au-dessus de l'avenue de Paris. Celte différence de niveau s'ajouterait à la hauteur de l'édifice.
«r La salle entourée sur trois côtés d'un portique dorique en pierre dure comprendrait , de plus, trois degrés en marbre où seraient gravés, à leurs anciennes places, les noms des constituants. Les degrés seraient interrompus à gauche par une tribune également en marbre, qui marque la place du président, et en face à droite par la barre. L'entre-rolonnement laisserait une entrée au fond, vers la rue des Chantiers, et les autres travées seraient fermées à mi-hauteur par des tables de marbre ou de pierre très dure où seraient gravées plusieurs inscriptions. [Suivent d'autres détails sur le monument projeté, puis] : «On espère que ce monument, qui devra être l'un des plus beaux du siècle si le programme est fidèlement exécuté, sera achevé avant le 5 mai 1889, jour anniversaire de l'ouverture des fatals généraux. 1
M. Ed. Charton donne, dans une note jointe à cet article, quelques extraits des discours prononcés à l'occasion de la loi promulguée le 17 avril 1879. Henri Martin, rapporteur de lu commission d'initiative parlementaire, avait dit en particulier: *[ ne seule chose peut étonner, en ce qui concerne la proposition qui est soumise aujourd'hui au Sénat, c'est que la pensée en vienne si tard; on a peine à concevoir qu'un lieu si digne de mémoire ait été laissé dans un tel oubli depuis tant d'années. 11 est temps de réparer cette négligence nationale. •>
Aucune suite, comme l'on sait, ne fut donnée à ce projet de monument, bien que «le Sénat ait approuvé le 3o juillet 1 88 1 un projet de loi, présenté par le Ministre des beauxarts, demandant l'ouverture d'un premier crédit de 45o.ooo francs pour les travaux préliminaires du monument n. Le projet, d'ailleurs, tel que le présentait M. Éd. Charton. ne serait pas sans provoquer des objections, non sur l'ensemble, mais sur quelques détails.
L'idée, par exemple, de graver les noms des constituants sa leurs anciennes plaeesperrnet de croire que les auteurs du projet ni' connaissaient qu'imparfaitement les usages de nos premières assemblées parlementaires. Pourrait-on bien de même défendre le plan exposé «d'un vaste parvis allant de l'avenue de Paris au monument»: .\e devrait-on pas. au contraire, s'attacher à conserver le mieux possible ce qui reste des anciennes salles occupées par la noblesse et le clergé? Souhaitons seulement que la loi du 17 avril 1870., recevant enfin son exécution, ces questions de détails puissent être à bref délai disculées.
EXPLICATION DES M HEROS DE LA NAM II F EXTRAITE DU 'PLAN TERRIER DE 1705''.
(Arch. ML, 0' io;»o'.) [Voir p. io3, fy;. ifi. ]
1. Est l'hôpital de l'Hôlel-Dieu, en entrant à main droite par la rue Neuve Noire- Dame, ci pour mémoire".
"2. Est une échoppe adossée contre les murs dud. Hôtel-Dieu appartenant aud.
hôtel.
S. Est une autre érhoppe adossée contre le mur dud. Hôtel-Dieu appartenant ami.
holel.
i. Maison appartenant aud. hôtel.
5. Sont les murs dépendants de l'Hôtel- Dieu et tenant à la porte du Petit Pont dud. holel.
Ksi la porle d'entrée dud. Petit Pont.
6a Maison et boutique de l'autre eôlé de lad. porle appartenant aud. Hôtel-Dieu.
7. Maison et boutique dépendante de l'archevêché appartenant aud. archcréchd.
H. Maison ayant quatre boutiques, tenante à la porte de l'archevêché appartenant aud. archevêché.
Est la |iorte de l'archevêché.
V. Est l'église n)élro|»oiitaine de Noire- Dame, où contre l'une des tours du côté du Petit Ponl sont adossées deux échoppes appartenant à ladite église.
1 0. Est l'église paroissiale de Saint-Jeanle-Rond tenante a l'une des portes du cloître Notre-Dame et faisant partie de la rue Saint- Christophe.
( Vide la rue Saint-Christophe, art. io, qui est la même chose.)
1 1. Kst une échoppe vis-à-vis l'église de Sainl-Jean-le-Kond appartenant à (sic).
1 2. Est une autre échoppe vis-à-vis Ind. église appartenant à (*ic).
• Kst la fontaine v is-à-v îs Noire-Dame.